Ce chiffre ne prend toutefois pas en considération la zone occupée par Israël au Liban-Sud et ses abords, où la résistance libanaise utilise fréquemment des charges télécommandées contre les troupes israéliennes qui, elles, ont souvent recours aux mines antipersonnel.
Le problème est plus grave dans le sud de la Békaa où près de onze tonnes de mines et obus non explosés infestent une zone d’environ 70 km carrés et de 20.000 habitants, selon une enquête récente supervisée par le ministère de la Santé.
En 15 ans, les mines ont tué dans la région 189 personnes et 212 sont handicapées à vie: des agriculteurs, des bergers, des gens qui ramassent du bois, parfois des chasseurs ou simplement des promeneurs.
Gaza, une des quinze localités de ce secteur, a payé un lourd tribut: 15 morts et 18 handicapés pour une population de 700 âmes (3,3%).
La plupart des mines ont été placées dans le sol par l’armée israélienne le long de ce qui constituait jusqu’à son retrait en 1985 une ligne de front avec les Syriens et les Palestiniens.
Le piège mortel s’est élargi lorsqu’un remblai de terre érigé en 1983 par les Israéliens s’est effondré, emportant avec lui un énorme dépôt de munitions appartenant à un groupuscule palestinien.
«J’ai interdit aux 500 élèves de mon établissement de se promener autour de l’école située dans un champ virtuel de mines. Nous vivons dans la hantise qu’un élève désobéisse», dit Ihsan Hamed, directrice de l’école primaire de Medoukha.
Aucun panneau ne
signale le danger
Beaucoup se souviennent de l’explosion, en 1985, d’un camion qui transportait des ouvriers agricoles juste après le retrait de l’armée israélienne. Vingt-deux d’entre eux avaient trouvé la mort et 15 autres avaient été blessés.
Aucun panneau ne signale le danger environnant. «Récemment un berger a été blessé par une bombe à fragmentation dans le nord de la vallée de Mimes. Depuis, nous savons que c’est un secteur où il faudra faire plus attention qu’ailleurs», explique un habitant.
Malgré l’absence de cartes pour localiser les mines et de matériel adéquat pour les neutraliser, l’armée libanaise a entamé en 1991 une vaste opération de déminage, en donnant la priorité au centre-ville de Beyrouth.
Les militaires ne cachent pas la difficulté de la tâche, certaines mines étant profondément enfouies dans le sol depuis plus de 15 ans, note l’AFP.
Trois militaires ont péri dans ces opérations, sept sont restés handicapés.
Selon le directeur de l’enquête, le docteur Nasser Abou Ltaif, «il faut déclarer la région autour de Medoukha et Gaza zone sinistrée, obtenir une assistance internationale pour le déminage et aider les handicapés à vie».

