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Actualités - Chronologie

Les prisons surpeuplées, foyers de tuberculose

MOSCOU, 27 Mars (AFP). — La situation sanitaire catastrophique dans les prisons russes a fait de ces lieux de véritables foyers de maladies infectieuses, à commencer par la tuberculose qui était pourtant complètement maîtrisée en Russie il y a quelques années.
«La situation dans les prisons russes est catastrophique. En Sibérie, 30% des malades de la tuberculose se trouvent dans les prisons, qui sont de véritables réservoirs d’infection», a affirmé mardi le docteur Haas Kluge, coordinateur de Médecins Sans Frontières, lors d’une conférence de presse à Moscou.
«Si l’Etat russe n’introduit pas un système de contrôle du traitement des malades dans les prisons et ne résout pas rapidement le problème de financement, la situation deviendra de plus en plus difficile», ajoute un autre coordinateur de l’organisation, Dina Demerlenaere.
Le taux de personnes contaminées par la tuberculose dans les prisons dépasse de 42 fois la moyenne dans le pays, et touche 2.481 prisonniers sur 100.000. La population carcérale russe dépasse le million de personnes.
En comparaison, le taux de contamination dans l’ensemble de la Russie était l’an dernier de 67,7 malades pour 100.000 personnes, soit le double du niveau de 1991, selon le ministère de la Santé.

Des geôles tsaristes

«Vu les conditions catastrophiques dans lesquelles se trouvent les prisonniers, il n’y a rien d’étonnant à ce que le nombre de malades progresse très vite», estime pour sa part le Dr Alexandre Khomenko, directeur de l’Institut russe de la tuberculose, qui tenait lui aussi une conférence de presse sur l’épidémie lundi.
Un rapport publié le mois dernier par la commission présidentielle aux droits de l’homme reconnaissait que les prisonniers russes étaient entassés dans des prisons à peine modifiées depuis l’époque tsariste.
«Les autorités russes nous disent souvent: «on a déjà très peu d’argent pour financer le traitement de gens normaux, donc il est hors de question de soigner les prisonniers»», affirme Mme Demerlenaere.
Mais chaque malade qui sort de prison contamine en moyenne entre 10 et 15 personnes par an, ce qui explique le nombre très élevé de tuberculeux dans les régions sibériennes, dit-elle.
Le traitement des prisonniers souffrant de la tuberculose exige non seulement une attention particulière des responsables locaux, mais également une bonne organisation du travail des médecins sur place, soulignent les représentants de MSF, qui financent depuis neuf mois l’hôpital d’une prison à Mariinsk, dans la région de Kemerovo en Sibérie.
«Il faut absolument qu’un médecin suive le traitement de chaque malade jusqu’à sa guérison totale», pour éviter toute contagion à leur sortie de prison, estime Mme Demerlenaere.
Plus généralement, la résurgence de la maladie, qu’on croyait vaincue avant l’effondrement de l’URSS, est due à «la baisse du niveau de vie de la population, la chute de la qualité du traitement médical et la hausse de l’immigration», explique le Dr Khomenko, qui déplore que les autorités se préoccupent moins des problèmes de santé maintenant que du temps de l’URSS.
«L’Etat crée des commissions et programmes. Il y a énormément de projets, mais jamais d’argent», ajoute-t-il, en soulignant que l’Institut de la tuberculose, un institut public, ne touche plus de subventions de l’Etat depuis avril 1996.
MOSCOU, 27 Mars (AFP). — La situation sanitaire catastrophique dans les prisons russes a fait de ces lieux de véritables foyers de maladies infectieuses, à commencer par la tuberculose qui était pourtant complètement maîtrisée en Russie il y a quelques années.«La situation dans les prisons russes est catastrophique. En Sibérie, 30% des malades de la tuberculose se trouvent dans les prisons, qui sont de véritables réservoirs d’infection», a affirmé mardi le docteur Haas Kluge, coordinateur de Médecins Sans Frontières, lors d’une conférence de presse à Moscou.«Si l’Etat russe n’introduit pas un système de contrôle du traitement des malades dans les prisons et ne résout pas rapidement le problème de financement, la situation deviendra de plus en plus difficile», ajoute un autre coordinateur de...