Selon le journal, le débat sur un éventuel clonage du gorille s’est ouvert après l’annonce, fin février, par des chercheurs écossais du premier clonage réussi d’une brebis adulte — Dolly, véritable copie génétique d’une autre brebis —, qui a suscité d’innombrables inquiétudes et interrogations à travers le monde.
La Vanguardia affirme que les responsables du zoo rejettent publiquement une telle éventualité en raison des implications éthiques qu’elle pourrait avoir, mais qu’ils souhaitent en privé pouvoir étudier avec suffisamment de temps et de calme toute l’information scientifique sur les possibilités d’obtenir une «photocopie» de ce gorille, devenu un authentique symbole de la capitale catalane.
Les problèmes que susciterait le clonage d’un primate sont légion d’un point de vue moral, le gorille étant très proche de l’être humain. S’il existait deux Copitos de Nieve, l’animal cesserait par ailleurs d’être unique au monde, ce qui atténuerait l’intérêt suscité depuis sa découverte en Guinée Equatoriale il y a 35 ans, souligne le journal.
La tentation du clonage serait cependant grande, en raison de l’âge avancé (75 ans) et de l’état de santé de Copito de Nieve, affecté en février 1996 par une grippe. Plusieurs taches étaient alors apparues sur la peau du gorille, provoquant l’inquiétude au zoo de Barcelone, où l’animal fut soumis à un examen médical complet.
La réputation de Copito est si grande qu’elle avait éclipsé en première page de la presse catalane l’autre grand événement de l’époque: la campagne pour les élections législatives du 3 mars, remportées par le Parti populaire (PP, conservateur).
L’autre motif inclinant en faveur du clonage du primate — qualifié d’«unique Espagnol ayant fait la Une de la revue National Geographic» — est le fait que toutes les tentatives pour lui obtenir un descendant albino ont échoué.
La Vanguardia souligne cependant que du point de vue scientifique un éventuel clonage du gorille est quasiment impossible à court terme et que le coût d’un tel programme serait tellement important que la mairie de Barcelone ne pourrait l’assumer à elle seule.

