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Actualités - Chronologie

Crise évitée de justesse entre Bonn et Ankara

ANKARA, 26 Mars (AFP). — Un incident diplomatique a été évité de justesse entre Bonn et Ankara mais une visite officielle, depuis mercredi en Turquie du ministre allemand des Affaires étrangères Klaus Kinkel est d’ores et déjà marquée par des propos peu amers tenus la veille à son égard par le premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan.
M. Erbakan avait déclaré, devant le groupe parlementaire de son parti de la Prospérité (Refah), que les Européens devaient «avoir la tête basse» parce que «l’Europe n’a pas tenu ses promesses envers la Turquie», et que M. Kinkel «le sentirait» lors de sa visite en Turquie.
Dans un briefing à la presse mercredi matin, M. Kinkel lui a rétorqué sèchement qu’«aucun Européen, et sûrement pas M. Kinkel, ne va baisser la tête» et a critiqué «la diplomatie du mégaphone» de M. Erbakan.
Mardi soir, M. Kinkel avait retardé son départ de Rome pour Ankara après que des informations de presse eurent prêté à M. Erbakan des propos encore plus durs et le visant directement.
Ces informations avaient fait dire à M. Erbakan que M. Kinkel devrait se présenter à Ankara «la tête baissée de honte», en raison de ses positions hostiles à l’adhésion de la Turquie, aujourd’hui, à l’Union européenne.
Alarmé par cette version des propos de M. Erbakan, M. Kinkel avait attendu la publication d’une mise au point par le ministère turc des Affaires étrangères pour prendre le chemin d’Ankara, où il était arrivé avec plus de deux heures de retard.
Il avait déclaré dans l’avion, aux journalistes l’accompagnant, qu’il «n’aurait pas fait le voyage s’il n’y avait pas eu de démenti des autorités turques».

Blocage grec

Si la version dure des propos de M. Erbakan a été démentie, il n’en reste pas moins, notait-on à Ankara mercredi, que M. Erbakan a bel et bien déclaré son intention de faire sentir à M. Kinkel l’irritation de la Turquie devant l’attitude de Bonn à son égard.
M. Kinkel ne s’y est pas trompé puisqu’il a tenu à répondre à M. Erbakan avant même de l’avoir rencontré.
Rappelant qu’il avait «fait tous les efforts» pour l’union douanière entre la Turquie et l’UE, le chef de la diplomatie allemande a ajouté devant la presse: «Mais je ne suis pas un magicien».
M. Kinkel a rappelé la position de Bonn, selon laquelle «la Turquie appartient à l’Europe» mais qu’une adhésion à l’UE «n’est pas possible dans un proche avenir».
Il a réitéré qu’«avant de devenir membre», la Turquie devait «améliorer sa situation concernant les droits de l’homme, le problème kurde et ses relations avec la Grèce».
La Turquie est particulièrement irritée du blocage par la Grèce, à laquelle plusieurs contentieux l’opposent, notamment la question de Chypre, des aides financières de l’UE prévues dans l’accord d’union douanière. Elle reproche aux 14 autres Européens de ne pas avoir convaincu Athènes de lever son opposition.
Ankara avait déjà exprimé ces derniers temps à plusieurs reprises son mécontentement envers l’Allemagne en particulier, qui est perçue comme le pays le plus réticent, avec le Danemark, à l’adhésion à court terme de la Turquie à l’UE.
M. Kinkel a rencontré M. Erbakan mercredi après-midi. Il s’est entretenu avec son homologue turque, Mme Tansu Ciller, avant de tenir avec elle une conférence de presse.
Il devait également rencontrer le président du Parlement Mustafa Kalemli et les membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement turc, avant de se rendre à Istanbul jeudi où il doit rencontrer les milieux d’affaires.
M. Kinkel est arrivé à la tête d’une importante délégation, comprenant des représentants du patronat et du monde culturel allemande.
ANKARA, 26 Mars (AFP). — Un incident diplomatique a été évité de justesse entre Bonn et Ankara mais une visite officielle, depuis mercredi en Turquie du ministre allemand des Affaires étrangères Klaus Kinkel est d’ores et déjà marquée par des propos peu amers tenus la veille à son égard par le premier ministre islamiste turc Necmettin Erbakan.M. Erbakan avait déclaré, devant le groupe parlementaire de son parti de la Prospérité (Refah), que les Européens devaient «avoir la tête basse» parce que «l’Europe n’a pas tenu ses promesses envers la Turquie», et que M. Kinkel «le sentirait» lors de sa visite en Turquie.Dans un briefing à la presse mercredi matin, M. Kinkel lui a rétorqué sèchement qu’«aucun Européen, et sûrement pas M. Kinkel, ne va baisser la tête» et a critiqué «la diplomatie du...