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Actualités - Chronologie

Trente deux ans sans fermer l'oeil

HO CHI MINH-VILLE (Vietnam), 26 Mars (AFP). – Après deux tentatives de suicide, Mme Lê Hang s’est résignée à vivre en espérant que sa fréquentation assidue des pagodes lui permettrait de retrouver un jour le sommeil qu’elle a perdu il y a trente-deux ans.
Nguyen Thi Lê Hang a atteint il y a quelques mois la célébrité en révélant à un journal son calvaire: elle assure ne pas avoir fermé l’œil depuis 1965, date de la naissance de son dernier fils.
C’est en montrant ses nombreuses radios et ses IRM (imageries à résonance magnétique) qu’elle accueille le visiteur dans une petite maison d’un faubourg modeste de l’ancienne Saïgon.
Mais contrairement à ceux d’une Vietnamienne qui avait perdu le sommeil pendant dix ans en raison d’une tumeur au cerveau, les examens de Lê Hang sont désespérément normaux.
«Tous les médecins ont baissé les bras, explique-t-elle. Ils n’arrivent pas à trouver ce que j’ai et mes dossiers médicaux sont maintenant entre les mains de professeurs de médecine en Russie et à Singapour».
Ni la médecine traditionnelle chinoise, ni l’acupuncture par laser, ni même ses potions à base de haricots rouges ne sont venues à bout des insomnies. Des doses massives de somnifères ont réussi à la faire dormir quelques nuits pendant deux heures. Puis plus rien.

La peur de
la lèpre

«Le plus étrange, dit-elle, c’est que je me porte bien, que je travaille normalement à la maison». Et en effet, Mme Lê Hang – qui, à 55 ans, ne souffre que d’un peu de diabète et de quelques rhumatismes – est, malgré ses yeux cernés, une femme ronde à la bonne mine et qui fait de la gymnastique tous les matins.
Mais le désarroi est là. «J’ai encore envie de mourir, explique-t-elle d’un ton las. La nuit, je vais, je viens, je pense à la mort quand tout le monde dort».
Le professeur Phan Thanh Hai, qui s’occupe d’elle, estime qu’«un choc psychologique pourrait être la cause de la perte de sommeil».
«Après la naissance de mon fils, explique Mme Lê Hang, j’ai dû partager ma chambre avec des lépreux à la maternité et là, j’ai arrêté de dormir car j’ai paniqué. J’ai eu peur d’attraper la lèpre».
Elle n’a jamais consulté de psychiatre car, dit-elle avec un rire embarrassé, «ce ne serait pas efficace». Elle a fait don de son corps à la science «pour que personne ne vive le même malheur» qu’elle. Un don qui lui permet de bénéficier de la gratuité des examens, notamment des IRM qui coûtent deux millions de dongs (180 dollars).
A l’institut Pasteur de Ho Chi Minh-Ville, le professeur Trân Công Duyêt s’avoue lui aussi totalement démuni. Il explique toutefois que cette étrange patiente ne fait pas l’objet d’une surveillance médicale de nuit. «Tout ce que nous savons repose sur ses affirmations, dit-il. Il n’y a pas eu de monitoring pour savoir si elle dormait une ou deux heures la nuit, ou pas du tout comme elle l’affirme».
Pour un médecin occidental exerçant à Hanoï, «il est absurde de la croire en l’absence de toute vérification scientifique». «Il faudrait faire une surveillance de la patiente la nuit, par caméra vidéo ou par encéphalogramme, avant d’affirmer qu’elle ne dort jamais», explique-t-il.
Reste pour lui une autre hypothèse: «Il peut s’agir d’un cas de pure simulation dans lequel la patiente a voulu attirer l’attention sur elle, ou d’un cas d’hystérie au sens psychiatrique du terme. Elle aurait réussi à se persuader qu’elle avait un symptôme pathologique et le présente comme tel».
HO CHI MINH-VILLE (Vietnam), 26 Mars (AFP). – Après deux tentatives de suicide, Mme Lê Hang s’est résignée à vivre en espérant que sa fréquentation assidue des pagodes lui permettrait de retrouver un jour le sommeil qu’elle a perdu il y a trente-deux ans.Nguyen Thi Lê Hang a atteint il y a quelques mois la célébrité en révélant à un journal son calvaire: elle assure ne pas avoir fermé l’œil depuis 1965, date de la naissance de son dernier fils.C’est en montrant ses nombreuses radios et ses IRM (imageries à résonance magnétique) qu’elle accueille le visiteur dans une petite maison d’un faubourg modeste de l’ancienne Saïgon.Mais contrairement à ceux d’une Vietnamienne qui avait perdu le sommeil pendant dix ans en raison d’une tumeur au cerveau, les examens de Lê Hang sont désespérément...