A la place, l’auteur de «The English Patient» choisit de continuer ses études, enseignant le théâtre jusqu’au début des années 80 à l’université de Hull, dans l’Est de l’Angleterre.
En même temps, il fait ses premières armes de dramaturge, créant une demi-douzaine de pièces qui lui valent d’être nommé meilleur espoir en 1984 par les critiques londoniens. Deux ans plus tard, ils décernent à son œuvre «Made in Bangkok», le titre de meilleure pièce.
Il recueille la même brassée de lauriers pour son travail à la télévision, où il participe à l’écriture de la célèbre série policière «Inspector Morse» et est l’auteur des neuf téléfilms de la série The Storyteller (Le Conteur), qui récolte un Emmy américain, un Bafta britannique, et la médaille d’or du Festival international du film et de télévision de New York.
Mais la gloire arrive avec le premier film qu’il écrit et dirige, «Truly Deeply, Madly», histoire d’amour et de fantômes avec Alan Rickman et Juliet Stevenson, qui lui vaut une nouvelle fois moult prix.
Son deuxième film, «Mr Wonderful», avec Matt Dillon et Mary Louise Parker, n’a pas eu le même retentissement, petit faux-pas avant «The English Patient», adaptation du roman de Michael Ondaatje, qui lui rapporte l’Oscar après deux Golden Globes de la critique américaine et 13 nominations aux BAFTA.
Il a fallu trois ans à ce film de 32 millions de dollars pour voir le jour. «Les studios n’arrivaient pas à s’engagr sur ce film. Ils le trouvaient trop ambitieux et trop européen», a raconté Anthony Minghella.
«Ils pensaient que j’aurais dû choisir des acteurs américains». De plus, ils trouvaient que l’actrice principale Kristin Scott-Thomas, manquait de glamour. La revanche n’en a été que plus douce pour la Britannique, nominée pour l’Oscar de la meilleure actrice.
«The English Patient» a été un travail d’amour pour moi», souligne Minghella, qui a dû sacrifier sur la table de montage une heure trente de pellicule pour amener le film à une durée de deux heures 45.
Cette longue histoire de l’amour passion que porte un aristocrate hongrois (Ralph Fiennes) à l’épouse d’un collègue, comporte aussi de nombreuses scènes de danse, imaginées par la chorégraphe Carlyn Choa, chinoise originaire de Hong Kong, femme du réalisateur et mère de son fils.
«C’est un grand jour pour l’île de Wight», s’est-il exclamé en recevant à Los Angeles son Oscar.


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