Ce renouement a été scellé à l’occasion d’une rencontre officielle dimanche dernier à Islamabad entre le président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani et le dirigeant palestinien, en marge d’un sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
Cette rencontre, qui n’a pas été immédiatement rendue publique, met fin à dix-huit ans de brouille, alors que le processus de paix israélo-palestinien est dans une phase critique.
Arafat, qui avait soutenu activement le mouvement islamique contre le Chah d’Iran, s’était pourtant rendu à Téhéran à l’invitation des nouveaux dirigeants iraniens six jours seulement après la victoire de la révolution en février 1979.
Lors de son séjour, Arafat avait été notamment reçu par l’imam Khomeiny ainsi que par les principales figures du nouveau régime.
Invité d’honneur et première personnalité étrangère à venir en Iran après la chute du Chah, Arafat s’était rendu à Machhad, l’importante ville sainte chiite iranienne, où il avait prononcé un discours favorable aux nouveaux dirigeants iraniens.
Capitulation
Mais très rapidement après cette visite, les relations entre Téhéran et l’OLP n’ont cessé de se détériorer, notamment en raison du soutien déclaré de l’organisation palestinienne à Bagdad durant la guerre Iran-Irak (1980-88).
Le rapprochement entre le dirigeant palestinien et Israël, pays présenté en Iran comme principal ennemi de l’islam, a encore éloigné Téhéran d’Arafat.
En dépit d’une rupture politique quasi totale, les dirigeants iraniens ont maintenu ouverte une «représentation diplomatique» de l’OLP à Téhéran, inaugurée en février 1979 par Arafat lui-même dans les locaux de l’ancienne ambassade d’Israël à Téhéran.
Mais ni les médias ni les dirigeants iraniens n’ont ménagé leurs critiques contre l’OLP et son leader, régulièrement accusé de «capitulation envers le régime sioniste».
L’Iran, qui ne reconnaît pas l’Etat hébreu, est opposé au processus de paix et soutient par conséquent les mouvements palestiniens les plus radicaux, hostiles aux négociations de paix.
Allié de la Syrie dans la région, l’Iran a notamment soutenu le Front populaire de libération de la Palestine-commandement général (FPLP-CG, d’Ahmad Jibril), le Jihad islamique en Palestine de Fathi Chakaki et le Hezbollah au Liban. En outre, Téhéran abrite un bureau de représentation du mouvement de la résistance islamique Hamas.
«Le peuple palestinien n’oubliera jamais ses vieux amis», a déclaré Arafat au président iranien lors de leur rencontre officielle dans la capitale pakistanaise.
Cité mardi par les journaux de Téhéran, M. Arafat a en outre rendu hommage à «la position sage de l’Iran au sujet de la Palestine».
De son côté, le chef de l’Etat iranien a une nouvelle fois réitéré la position de Téhéran au sujet du processus de paix, ajoutant que «le temps a levé du visage d’Israël et des Etats-Unis le masque du pacifisme et de l’humanitarisme».
«Les pays de la région et même les personnalités optimistes connaissent maintenant la vraie nature des amis et des ennemis de la Palestine», a ajouté le chef de l’Etat iranien, cité également par la presse.
Bien que les deux hommes semblent avoir maintenu leurs positions sur le processus de paix, la rencontre Rafsandjani-Arafat devrait permettre aux dirigeants iraniens d’entamer un nouveau chapitre dans leurs relations avec l’Autorité palestinienne, estime-t-on dans les milieux politiques iraniens.
Cette nouvelle approche de la République islamique devrait préparer également le terrain à une visite de M. Arafat à Téhéran à l’occasion du prochain sommet de l’OCI, qui doit se tenir en décembre dans la capitale iranienne.


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