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Actualités - Chronologie

L'OUA veut tenter de stopper l'extension des conflits en Afrique

NAIROBI, 24 Mars (AFP). — Le sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) va tenter mercredi à Lomé, en cherchant une solution à la crise zaïroise, de stopper la progression de conflits qui s’étendent peu à peu de la région des Grands Lacs à l’Afrique de l’Est et à l’Afrique centrale.
La guerre qui menace d’éclatement au Zaïre trouve son origine dans les crises burundaise (1993) et rwandaise (1994), qui ont conduit des centaines de milliers de réfugiés aux portes de l’enfer, au Zaïre, en Tanzanie, en Ouganda ou au Kenya. La crise zaïroise a, à son tour, engendré de nouveaux flots de déplacés à l’intérieur du pays, et de réfugiés, vers le Soudan au nord, vers la Zambie au sud.
L’assassinat du premier président hutu burundais Melchior Ndadaye en octobre 1993, puis le génocide de 1994 contre les Tutsis et les Hutus modérés au Rwanda, suivi de la prise du pouvoir à Kigali par l’Armée patriotique rwandaise (APR, majoritairement tutsie) venue d’Ouganda, ont ainsi déstabilisé peu à peu toute la région.
Le «noyau dur» des troupes de la rébellion zaïroise sont des Tutsis installés depuis deux siècles dans le Kivu, les Banyamulengue. Ce sont eux qui, s’estimant maltraités par Kinshasa, ont participé aux premiers incidents dans l’Est du Zaïre, en octobre, provoquant la fuite de 1,2 million de réfugiés hutus burundais et rwandais des camps de la région.
L’action des Banyamulengue a été accueillie avec bienveillance, si ce n’est soutenue directement, bien qu’ils s’en défendent, par le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, qui y voyaient la fin des sanctuaires de rébellions hutues à leurs frontières.
Le clivage Hutu/Tutsi dans les deux petits pays des Grands Lacs et la décomposition du régime du président zaïrois Mobutu Sese Seko ne suffisent pourtant pas à expliquer l’extension des conflits.

Compétition franco-U.S.

Dans cette région, de nouveaux pouvoirs ont émergé, remettant en cause les sphères d’influence traditionnelles des anciens colonisateurs, la Belgique, la Grande-Bretagne et la France, aujourd’hui en compétition avec les Etats-Unis.
Le président ougandais Yoweri Museveni et le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir à Kigali, qui furent autrefois alliés dans la guérilla ougandaise, sont ainsi soupçonnés d’être les «Deus ex-machina» des événements, faisant le jeu des Etats-Unis. Kinshasa, tout comme Khartoum, les accusent d’intervenir directement sur leurs territoires, aux côtés de leurs rébellions respectives.
Kampala, Kigali, et Washington démentent, mais les journalistes ont constaté par exemple que l’avion personnel du président ougandais est venu chercher le chef de la rébellion zaïroise, Laurent-Désiré Kabila, pour des entretiens en Ouganda. Quant au conseiller de l’ambassade des Etats-Unis à Kigali, Peter Whaley, il passe le plus clair de son temps à Goma, auprès des nouvelles autorités mises en place par la rébellion zaïroise.
La France, de son côté, est critiquée pour être le dernier pays à soutenir le président Mobutu, et accusée en outre de protéger les extrémistes hutus responsables du génocide rwandais.
Dernier signe de l’extension du conflit hors de la région des Grands Lacs: l’Angola, frontalier avec les provinces du Shaba et du bas-Zaïre (sud du Zaïre), est à son tour montré du doigt. La rébellion affirme que des éléments de l’UNITA (ex-guérilla angolaise) de Jonas Savimbi ont combattu avec les Forces armées zaïroises, alors que Kinshasa assure que des forces du MPLA, au pouvoir à Luanda, ont rejoint la rébellion zaïroise.
NAIROBI, 24 Mars (AFP). — Le sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) va tenter mercredi à Lomé, en cherchant une solution à la crise zaïroise, de stopper la progression de conflits qui s’étendent peu à peu de la région des Grands Lacs à l’Afrique de l’Est et à l’Afrique centrale.La guerre qui menace d’éclatement au Zaïre trouve son origine dans les crises burundaise (1993) et rwandaise (1994), qui ont conduit des centaines de milliers de réfugiés aux portes de l’enfer, au Zaïre, en Tanzanie, en Ouganda ou au Kenya. La crise zaïroise a, à son tour, engendré de nouveaux flots de déplacés à l’intérieur du pays, et de réfugiés, vers le Soudan au nord, vers la Zambie au sud.L’assassinat du premier président hutu burundais Melchior Ndadaye en octobre 1993, puis le génocide de 1994...