A peine M. Mobutu, qui fait figure de protégé de la France, avait-il regagné Kinshasa, après une nouvelle convalescence dans sa résidence sur la Côte d’Azur, que le gouvernement français se retrouvait dans la ligne de mire des partisans en France du chef de la rébellion Laurent Désiré Kabila.
Ces derniers ont occupé «symboliquement» samedi pendant environ quatre heures l’ambassade du Zaïre à Paris.
«Nous avons décidé ce matin (samedi) d’occuper l’ambassade du Zaïre pour en faire l’ambassade du Congo-Kinshasa», a affirmé le porte-parole de ce groupe, M. Afri-Ku-Nyeng Nzamba.
Affirmant parler au nom de la «Coordination des comités de vigilance et de soutien à l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Kinshasa», le porte-parole a indiqué qu’il voulait par cette occupation montrer son soutien «total à l’action de libération» de M. Kabila.
«Nous avons voulu commencer par occuper l’ambassade de Paris car la position de la France (à l’égard du Zaïre) est assez ambigue (...) il est temps d’en finir avec le règne de Mobutu», a-t-il dit.
Le ministère français des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire sur cette occupation pacifique, tandis que les forces de l’ordre maintenaient une présence «très discrète» à proximité de l’ambassade, finalement évacuée dans le calme en milieu d’après-midi.
Par ailleurs, l’indifférence dans laquelle le président zaïrois a regagné Kinshasa — au moment où Laurent Kabila poursuit son avancée en libérateur dans l’est du pays — a amené Paris à réaffirmer samedi la nécessité d’un dialogue, qui paraît de plus en plus hypothétique étant donné l’évolution de la situation.
«Après le retour du président Mobutu au Zaïre et son appel à la création d’un Conseil national pour négocier une solution à la crise, nous continuons d’espérer que la communauté internationale tout entière saura convaincre toutes les parties de la nécessité du dialogue et d’un dénouement pacifique», a affirmé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Le porte-parole a également appelé de ses vœux «l’implication active des pays africains dans la recherche d’une solution durable» à cette crise.
Exprimant l’inquiétude croissante de Paris face au refus persistant d’un cessez-le-feu de la part de M. Kabila, le porte-parole a estimé que «de nouvelles actions militaires ne résoudront rien et ne feront qu’engendrer violences et destructions supplémentaires».


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