Comme on le prévoyait, l’hostilité de la Russie à la prochaine entrée dans l’Alliance de pays d’Europe de l’Est, anciens satellites de l’URSS — et à plus forte raison à l’éventuelle entrée d’Etats autrefois simples républiques soviétiques — n’a pas disparu comme par enchantement.
M. Clinton, qui est rentré à Washington, ne se faisait d’ailleurs aucune illusion, puisqu’il a reconnu après la rencontre qu’il ne s’attendait pas à ce que M. Eltsine change d’avis.
Le président américain s’est contenté de camper sur ses positions sans rien lâcher. Le compromis souhaité par M. Eltsine, qui supposait des concessions de part et d’autre, n’a donc pas eu lieu.
M. Clinton a indiqué à son homologue russe que «les positions de fond» de Washington «constituaient des lignes qu’il ne franchirait pas», a précisé un haut responsable américain sous couvert de l’anonymat.
La satisfaction de la Maison-Blanche provient du fait que malgré cette intransigeance américaine, M. Eltsine a accepté la conclusion rapide des négociations sur une charte entre Moscou et l’OTAN sur les bases définies par Washington.
La question de la nature de cette charte en a été une parfaite illustration. M. Eltsine, qui exigeait à cor et à cri que ce soit un traité, s’est finalement rallié à la position américaine, acceptant que cette charte ne soit qu’un accord politique.
De la même manière, M. Clinton a répété qu’aucun pays ne serait a priori exclu de l’OTAN, ce qui signifie que les pays issus de l’ex-URSS, comme les pays baltes, pourront y postuler un jour.
Les républicains les plus conservateurs ont accusé de manière répétée M. Clinton dans le passé de «faiblesse» vis-à-vis de la Russie, mais ils auront sans doute du mal à critiquer cette fois-ci le président puisqu’il a imposé ses vues à la Russie à propos de l’OTAN, et que l’élargissement deviendra une réalité en juillet prochain lors du sommet de l’Alliance à Madrid.
Il a aussi confirmé une fois de plus à Helsinki que même si l’OTAN comprenait 16 pays membres ayant en théorie les mêmes droits, ce sont les Etats-Unis qui mènent la barque.
C’est, en effet, le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, qui est théoriquement chargé de négocier la charte entre l’OTAN et la Russie. Mais les Etats-Unis ont directement pris les choses en main lors du sommet d’Helsinki chargeant ensuite M. Solana de régler les détails en lui donnant pour cela quelques semaines.
Pour M. Clinton, empoisonné par des scandales divers, dont l’un sur le financement de sa campagne électorale de l’an dernier, ce sommet aura en tout cas constitué une parenthèse et une diversion bienvenues.
La seule petite fausse note pour lui aura été l’épisode de sa pénible arrivée à Helsinki, lorsqu’il avait été descendu d’Air Force One dans son fauteuil roulant, à l’aide d’un camion de la compagnie aérienne Finnair, assurant le transport de plateaux repas.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir