Selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) consacré à la lutte contre le racisme et la xénophobie, les violences visent plus que jamais les Maghrébins, victimes de 77% du total des actes constatés, contre 65% en 1991.
Toujours selon ce rapport, les auteurs des violences racistes «se recrutent toujours principalement dans les mouvances d’extrême-droite bien connues».
Un phénomène nouveau apparaît en 1996: les agressions racistes à l’aide de chiens d’attaque, avec trois actions de ce type, à Strasbourg et Paris.
La progression de la «haine de l’étranger» se ressent, quant à elle, dans les résultats du sondage annuel commandé par la CNCDH et réalisé par l’institut CSA en novembre 1996 auprès d’un échantillon de 1.049 personnes âgées de 18 ans et plus.
Des justifications
Selon cette enquête, un nombre croissant de Français, par exemple, estiment que l’on devrait autoriser des propos sur «l’infériorité» de certaines races, lors des campagnes électorales (53% de cet avis en 1996, contre 44% en 1995).
Dans le même sens, on note que 52% en 1996 (contre 51% en 1995 et 48% en 1991) trouvent «justifiés» les propos racistes qu’ils entendent.
Toujours selon ce sondage, 72% en 1996 (contre 75% en 1995 et 73% en 1990) estiment «utile» pour lutter contre le racisme de «renvoyer chez eux tous les immigrés en situation irrégulière».
Cela n’empêche pas les Français d’être lucides sur la montée du racisme (94% le trouvent «très ou plutôt répandu», contre 90% en 1990), et sur ses principales victimes: 83% estiment qu’il s’agit des Maghrébins, 71% citent les Français d’origine magrébine («beurs»).
Leurs sympathies vont surtout aux Européens du Sud (89%), aux Antillais (85%), aux Asiatiques (74%), aux «Pieds-noirs» (rapatriés d’Algérie: 69%) et aux juifs (68%). Mais 40% ont de l’antipathie pour les Maghrébins, juste devant les tziganes ou gitans (39%), et les «beurs» (35%).
Face à ce constat, les auteurs du rapport déplorent l’insuffisance des condamnations judiciaires du racisme. Aussi la CNCDH réitère sa demande de réforme de la législation actuelle «imparfaite» et améliorable.
Cette commission se déclare «convaincue de la nécessité d’une redéfinition globale de la politique d’immigration et d’une remise en chantier de l’ensemble du dispositif législatif relatif aux étrangers». Elle doit faire prochainement des propositions du gouvernement pour favoriser l’intégration des étrangers. Pour 69% des personnes interrogées, c’est l’école qui peut assurer cette intégration, pour 81% les associations sportives et pour 21% seulement, des mesures prises par le gouvernement.


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