«J’ai entendu parler d’une plainte qui aurait été déposée contre moi, mais je peux vous assurer que jusqu’à présent je n’ai reçu aucune notification et je ne pense pas qu’ils peuvent gagner», affirme M. Zahi Hawass, directeur du service des antiquités pour la région du plateau de Guizeh, à l’ouest du Caire.
«Les chameaux et les chevaux défèquent et urinent partout et détruisent les monuments. Ils ont un plateau en or et ils ch… dessus. Il est temps de protéger nos trésors archéologiques», dit-il sans équivoque.
«Les Egyptiens n’aiment pas qu’on change leur vie, même si c’est en mieux, et ce que je propose est une amélioration», ajoute le responsable chargé de préserver la dernière des sept Merveilles du monde.
Le gouvernement a récemment approuvé un plan du Conseil supérieur des antiquités (CSA) pour éloigner le plus loin possible du plateau de Guizeh la horde de cars, voitures et animaux à quatre pattes.
Une route de contournement de 10 km, un parking, un centre culturel et récréatif et une nouvelle station pour les chameaux, chevaux et fiacres doivent être construits au sud du plateau.
«Je ne peux pas faire de concessions quand il s’agit des pyramides», souligne M. Hawass avant de réitérer sa détermination à se débarrasser de ce qu’il appelle «la pollution visuelle» et à créer «une atmosphère propice pour apprécier ces monuments historiques».
Mais à l’endroit où les cars déversent quotidiennement des milliers de touristes venus prendre la photo idéale du plus extraordinaire ouvrage pharaonique, la colère gronde.
«Nous avons porté plainte devant le tribunal administratif contre Zahi Hawass il y a vingt jours», annonce Seyyed Fathi Abdo, un des 500 loueurs de chameaux qui risquent de perdre leur place panoramique.
«D’abord, ils nous ont éloignés du pied des pyramides à cause du panorama et maintenant ils veulent nous jeter dans le désert et réduire à néant notre gagne-pain», ajoute-t-il.
Seyyed Mohamad Ghanem, chamelier depuis trois générations, soutient qu’«il ne peut y avoir de pyramides sans chameaux».
Dans les plans du gouvernement figure la construction d’ici deux mois d’une étable et d’une clinique vétérinaire à 2 km au sud de la plus petite des pyramides, celle de Mykerinos, qui serviront de point de rassemblement.
«Plus de 15.000 familles vivent du tourisme du plateau», assure Ali Salama qui, comme ses collègues, a peur de la concurrence déloyale dans le désert des chameliers et cavaliers qui n’ont pas de licence.
Mais le chef de la police du tourisme sur le plateau de Guizeh, Mohammad al-Sheikh, tente de les rassurer. «Il y aura une nouvelle organisation et nous ferons respecter la loi», rétorque le policier. «Il y a 4.200 tombes dans ce secteur et seulement 19 sont ouvertes au public. Les chameaux et les chevaux les piétinent et les abîment».

