M. Clinton, qui se remet d’une opération du tendon au genou droit vendredi, doit en effet aborder dans la meilleure forme possible le sommet d’Helsinki au cours duquel il espère obtenir un accord sur l’élargissement de l’OTAN auquel la Russie s’oppose fermement.
Mais le président américain se déplace en chaise roulante ou à l’aide de béquilles et les médecins ne soulagent sa douleur qu’au moyen d’antalgiques légers, afin de ne pas affaiblir sa lucidité.
De plus, les longs voyages en avion peuvent faire enfler les extrémités, et notamment les jambes. Une situation d’affaiblissement qui n’est pas sans rappeler celle du président Kennedy en 1961.
Cette année-là, le président démocrate, pourtant amoindri par un accès d’une maladie chronique du dos, avait insisté pour que le sommet de Vienne se tienne à la date prévue. Certains historiens estiment que les problèmes de santé de son interlocuteur ont placé Khrouchtchev en position de force lors de leur rencontre. Les médias et une partie de l’opinion publique avaient considéré à l’époque que cette rencontre s’était soldée pour le président américain par un «désastre» en matière de relations publiques.
Un Khrouchtchev
belliqueux
«Le président (Kennedy) souffrait beaucoup et il faisait face à un adversaire difficile qui le sentait affaibli», estime ainsi Robert Sharlet, politologue à l’Union College de New York. «Dès lors, Khrouchtchev est arrivé au sommet dans un état d’esprit quelque peu belliqueux», selon lui.
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Pourtant, reconnaît-il, le président américain n’avait guère le choix.
«Comment un homme de 50 ans peut-il dire à un autre de 66 ans qu’il ne peut pas venir à cause d’un genou?», dit-il, en rappelant les problèmes cardiaques autrement plus sérieux du président russe.
Ironie du sort, le sommet américano-russe qui devait se tenir initialement aux Etats-Unis, a d’ailleurs été déplacé à Helsinki en raison de l’état de santé du leader du Kremlin.
A l’époque du sommet de Vienne aussi, Krouchtchev, vieillissant, était déjà considéré comme malade, en dépit des efforts des Soviétiques pour garder le secret.
Le début du sommet d’- Helsinki a néanmoins été retardé d’une journée afin de laisser à Bill Clinton davantage de temps pour se préparer, une décision imposée au président américain par ses conseillers pour la sécurité nationale.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Michael McCurry, a toutefois tenu à souligner que repousser davantage la date du sommet aurait bouleversé «la chronologie très importante» du calendrier de politique étrangère des prochains mois du président américain.
Mais, face à la décision de maintenir à tout prix la tenue du sommet, le porte-parole a écarté toute comparaison avec Kennedy. «Si ce sommet se termine par un désastre, je suis certain que les futurs historiens regarderont en arrière et feront la même analyse de ce qui s’est passé», a-t-il ironisé.


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