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Actualités - Chronologie

Le sommet d'Helsinki sous le signe de l'OTAN

MOSCOU, 19 Mars (Reuter). — Si l’on en croit Boris Eltsine, les entretiens qu’il aura jeudi et vendredi avec Bill Clinton à Helsinki, la capitale finlandaise, seront «les plus difficiles» de toute l’histoire des relations entre le Kremlin et la Maison-Blanche depuis son entrée en fonctions en 1991.
Le président russe, qui a sensiblement durci le ton à l’égard de l’OTAN depuis son retour sur la scène politique et diplomatique, n’en espère pas moins parvenir à un «compromis» sur le délicat dossier de l’élargissement de l’Alliance à l’Est.
De son côté, le président Bill Clinton se dit «très optimiste» sur l’issue des négociations.
«Nous n’avons jamais connu de sommet qui n’ait pas débouché sur des progrès constructifs dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie», a-t-il déclaré. «Je pense que ce sera également le cas celui-ci».
Bien que les réductions stratégiques et les relations économiques bilatérales doivent également figurer au menu des entretiens, il ne fait aucun doute que ceux-ci seront dominés par le problème de l’OTAN.
En affirmant lundi que l’Alliance était «une organisation américaine commandée par les Américains», Boris Eltsine a clairement indiqué qu’il préférait aborder le problème de l’élargissement avec Washington plutôt qu’avec les capitales européennes.
«Nous discutons avec ceux qui prennent les décisions», a renchéri le lendemain son conseiller diplomatique, Dmitri Riourikov.
Boris Eltsine a reçu en début de semaine la visite de son ministre des Affaires étrangères, Evguéni Primakov, rentré la veille des Etats-Unis. Le chef de la diplomatie lui a rendu compte des entretiens qu’il avait eus avec les dirigeants américains.
Selon le communiqué du Kremlin diffusé à l’issue de la rencontre, «(Evguéni Primakov) a l’impression que les dirigeants américains, tout comme leurs homologues russes, se préparent sérieusement au sommet d’Helsinki. Les deux parties ont mis au point des projets de documents et continuent à y travailler».
«Ce travail montre que des difficultés existent. Mais la Russie et les Etats-Unis s’efforceront de les surmonter ensemble», ajoute la présidence.
Arguant que les projets alliés représentent une menace pour ses intérêts, Moscou exige un droit de veto sur les questions de sécurité européenne et souhaite que ses relations avec l’OTAN soient définies par un traité juridiquement contraignant. De son côté, l’Alliance se contenterait d’une simple charte politique.

Propositions et
contre-propositions

Le Kremlin semble avoir renoncé à son exigence de voir cet accord ratifié par les Parlements de tous les pays signataires.
Le porte-parole du président russe, Sergueï Iastrjembski, a laissé entendre, citant en exemple l’acte final de la conférence d’Helsinki de 1975, que Moscou accepterait de le voir entériné par les seuls exécutifs.
De son côté, l’OTAN se dit prêt à aménager le traité CFE sur la limitation des armements conventionnels en Europe pour satisfaire aux exigences de la Russie. Celle-ci souhaite, entre autres, que des plafonds nationaux pour les pays est-européens s’ajoutent aux limitations régionales prévues par le traité.
L’OTAN s’est également engagée à ne pas déployer d’armes nucléaires sur le territoire de ses nouveaux membres.
Le quotidien russe «Izvestia» révèle mercredi quelques détails du projet d’accord que les parties ont mis au point et qu’il dit avoir obtenu «de source diplomatique proche de l’Alliance».
Selon lui, ce document en cinq parties a été rédigé sur la base des propositions émises en février par le Kremlin.
Sa principale pierre d’achoppement porte sur l’engagement que Moscou souhaiterait voir prendre par l’Alliance de ne créer aucune «infrastructure militaire» — au sens le plus large du terme — sur le territoire de ses nouveaux membres.
Selon le quotidien, qui cite un diplomate allié non identifié, l’OTAN se refuserait à accepter de telles conditions et proposerait en échange à la Russie de venir inspecter régulièrement ses nouvelles installations.
Toujours selon les «Izvestia», le projet d’accord prévoirait également la création d’un «conseil consultatif Russie-OTAN», organe permanent sis à Bruxelles. La Russie souhaiterait en assurer la coprésidence, tandis que les Alliés insisteraient pour doter ce conseil d’une direction unicéphale.
Malgré ces timides avancées, les parties ont tenu à rappeler leurs positions de principe à la veille du sommet.
«L’attitude de la Russie à l’égard de l’expansion de l’OTAN ne changera pas, quels que soient les sommets, les réunions et les négociations», a dit Sergueï Iastrjembski mercredi.
De se son côté, le secrétaire d’Etat américain a souligné sa détermination à protéger les intérêts des futurs membres de l’Alliance. «Je peux vous assurer que ni le président (Bill Clinton), ni moi, n’allons marchander les droits de l’Europe centrale. Ni la justice, ni l’Histoire ne le permettraient», a dit Madeleine Albright.
Elle a ajouté qu’en ce qui concernait l’avenir du Vieux Continent, la Russie disposerait d’«un siège à la table», mais pas d’un droit de veto.
MOSCOU, 19 Mars (Reuter). — Si l’on en croit Boris Eltsine, les entretiens qu’il aura jeudi et vendredi avec Bill Clinton à Helsinki, la capitale finlandaise, seront «les plus difficiles» de toute l’histoire des relations entre le Kremlin et la Maison-Blanche depuis son entrée en fonctions en 1991.Le président russe, qui a sensiblement durci le ton à l’égard de l’OTAN depuis son retour sur la scène politique et diplomatique, n’en espère pas moins parvenir à un «compromis» sur le délicat dossier de l’élargissement de l’Alliance à l’Est.De son côté, le président Bill Clinton se dit «très optimiste» sur l’issue des négociations.«Nous n’avons jamais connu de sommet qui n’ait pas débouché sur des progrès constructifs dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie», a-t-il déclaré....