Les relations entre Israël et l’Egypte, qui ont fait la paix il y a 18 ans, «vont rester froides, et pendant longtemps encore», a déclaré M. Moubarak au bimensuel anglophone «Jerusalem Report».
«Il est prématuré de parler de coopération quand nous voyons les soldats israéliens diriger leurs fusils contre des femmes palestiniennes», a-t-il dit.
Israël se plaint régulièrement de la froideur de ses relations avec l’Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec lui. M. Moubarak a cependant contesté pouvoir «éduquer» son peuple à la paix et la normalisation, comme les Israéliens lui en font régulièrement la demande.
«Ne nous demandez pas “d’éduquer” notre population à la paix avec Israël. Les gens me diraient d’aller au diable. Aussi longtemps que les Palestiniens seront privés de leurs droits (...) le peuple égyptien ne nous écoutera tout simplement pas», a-t-il souligné.
M. Moubarak a estimé que le processus de paix «avait commencé à marcher» sous l’administration travailliste israélienne de MM. Yitzhak Rabin et Shimon Pérès (1992-96). Il a déploré que «tout se soit arrêté» depuis l’arrivée au pouvoir du chef de la droite nationaliste Benjamin Netanyahu en juin dernier. Le président égyptien a mis en garde contre un regain de terrorisme, «dix fois pire que tout ce que nous avons connu», si le processus de paix s’effondrait. «Les ambassades, les compagnies aériennes et les diplomates seraient exposés à des attentats», a-t-il affirmé.
M. Moubarak a également accusé M. Netanyahu d’avoir initialement accepté les arrangements non écrits conclus par ses prédécesseurs avec la Syrie, avant de les rejeter.
«Netanyahu est venu me voir pour me dire qu’il était prêt à accepter les accords originels “avec quelques ajustements”. J’ai été voir (le président syrien Hafez) al-Assad et il n’a pas dit non. Mais trois jours plus tard, des déclarations agressives sont venues d’Israël, sur le thème “le Golan est à nous et nous ne le rendrons jamais”. Assad m’a alors appelé pour me dire: “merci Monsieur le Président”», a raconté M. Moubarak.
La Syrie exige une restitution intégrale du plateau du Golan, occupé en 1967 et annexé en 1981 par Israël, en échange de la paix.


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