En Bolivie, où Jacques Chirac est arrivé vendredi soir à Cochabamba, l’accueil a été particulièrement chaleureux.
Les Boliviens entendaient ainsi honorer celui qui a pris fait et cause pour leur pays en demandant qu’il ne soit pas tenu à l’écart, pour cause d’altitude, de l’organisation des matches éliminatoires de la Coupe du monde de football qui se déroulera en France en 1998.
Alors que certaines fédérations sud-américaines, notamment le Brésil, souhaitaient voir interdire les matches au stade de La Paz, situé à 3.566 mètres, Jacques Chirac est intervenu personnellement auprès des plus hautes autorités du football et des chefs d’Etat de la région.
Sur fond de manifestations de francophilie en Bolivie, le président français a été récompensé de son action par le «Grand collier du Condor des Andes», la plus haute distinction du pays, que lui a remise son homologue Gonzalo Sanchez de Lozada.
Samedi après-midi, il devait assister au stade Hernando Siles de La Paz à un match amical opposant des équipes junior française et bolivienne dont le coup d’envoi devait être donné par Michel Platini.
Tout au long de sa tournée-marathon en Amérique du Sud, Jacques Chirac est en effet accompagné de l’ancien footballeur, coprésident du comité d’organisation de la Coupe du monde de football 1998, qu’il présente comme un «héros national».
Pour sa part Platini, assurant la promotion du Mondial 1998, a affirmé que si M. Chirac ne s’intéressait pas beaucoup au sport, il avait beaucoup d’admiration pour les sportifs.
Au Brésil, le président français a confié qu’il s’était fait voler la vedette par Platini. Offrant mercredi soir à Rio de Janeiro un dîner à des personnalités du football, Jacques Chirac a affirmé avoir «constaté que le seul intérêt des journalistes brésiliens, était pour Platini». «Ils se sont tous précipités sur lui. Moi je suis passé tout à fait inaperçu, ce qui m’a permis d’être tout à fait tranquille pendant un petit moment», a-t-il dit, sur le mode humoristique.
A ce dîner, dans un restaurant d’Ipanema, le président français avait également convié le président brésilien de la Fédération internationale de football (FIFA), Joao Havelange qui, a-t-il dit, a «été un peu à l’origine de l’attribution à la France» de la Coupe du monde 1998, ainsi que des footballeurs brésiliens de légende, Zico et Junior qui furent les adversaires de Platini.
A Brasilia, «le roi Pelé», aujourd’hui ministre brésilien des Sports, avait assisté au déjeuner offert par le président Fernando Henrique Cardoso à son homologue français. Platini, Pelé et les deux chefs d’Etat ont longuement posé ensemble pour une photo largement diffusée dans la presse régionale.
Le sport a souvent été un allié de la diplomatie, permettant de nouer ou d’affermir les liens entre les pays. Ainsi, dans les années 1960, ce sont les joueurs de ping-pong qui ont permis des contacts entre les Etats-Unis et la Chine, prélude à une véritable relation d’Etat à Etat.
Le sport a souvent été, aussi, l’otage de querelles politiques. Les Jeux olympiques de Moscou (1980) ont été boycottés par les Etats-Unis après l’invasion soviétique de l’Afghanistan. Quatre ans plus tard, l’URSS boycottait à son tour les J.-O. de Los Angeles.


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