C’est la huitième exécution capitale, en trois ans au Liban, un chiffre record dans un pays où la peine de mort n’était appliquée que très exceptionnellement par le passé. En comparaison, avant 1994, trois personnes avaient été pendues en l’espace de 35 ans.
Ainsi, les autorités persévèrent dans leur volonté de réactiver cette pratique, ignorant tout à fait les appels lancés par les Organisations de défense des droits de l’homme, en particulier Amnesty International, et sans que l’on ait jamais pu établir avec certitude si la multiplication des exécutions capitales pouvait avoir un effet quelconque sur le taux de criminalité.
Mohammad Kour, originaire de Beddaoui, au nord de Tripoli, avait été reconnu coupable du meurtre avec préméditation d’un vieillard, Hajj Mahmoud Mansour, et de la tentative de meurtre du fils de ce dernier, Mohammad Mansour. Ces meurtres avaient été commis au lieu-dit Wadi Nahlé, dans le caza de Tripoli.
Kour avait déjà un casier bien chargé. Il est accusé d’avoir assassiné en 1983 son cousin Fadlallah Kour et d’avoir à une autre date ouvert le feu sur la personne d’Ahmad Abou Samra, sans pouvoir le tuer. Il avait en outre purgé dix jours de prison à Roumié pour prévarication.
Conduit à la potence, il a refusé de porter la cagoule et s’est lui-même mis la corde au cou. Il avait formulé le souhait qu’on ne remette pas son corps à sa famille et qu’on le jette à la mer. Toutefois, cette volonté n’a pas été respectée, Télé-Liban ayant annoncé en soirée que le corps avait été remis aux parents.
De son côté, la famille de Hajj Mahmoud Mansour, la victime de Kour, a exprimé dans un communiqué ses remerciements au président de la République Elias Hraoui pour avoir avalisé la condamnation à mort de Kour et à la justice libanaise pour avoir «rétabli chacun dans ses droits».


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