Cet accord va permettre à la Chambre haute du royaume d’examiner une proposition de loi de Jeffrey Archer, auteur de best-sellers et ancien président du Parti conservateur annobli, qui propose que cette formule s’applique à partir des enfants qu’aura William, fils de Charles et Diana, et héritier du trône.
Cette proposition n’a cependant aucune chance d’être adoptée, à moins que le gouvernement ne la reprenne à son compte, ce qui est des plus improbable, surtout à l’approche des élections générales, prévues au plus tard le 1er mai.
La tradition veut que les Lords étudient toute proposition de loi en première lecture sans s’y opposer, pour permettre le passage à la Chambre des communes. Au cas où certains pairs opposés à ce texte provoquaient un vote, le gouvernement s’abstiendrait très certainement, estimaient les spécialistes.
Une proposition similaire, permettant à l’aîné, quel que soit son sexe, d’hériter d’une pairie n’avait été que jusqu’à la seconde lecture en décembre 1994.
Pure routine
«J’ai reçu votre demande et, me fiant à la sagesse du Parlement, je souhaite que ma prérogative et mon intérêt lié à la succession de la couronne ne s’opposent pas à l’examen par le Parlement, durant la session actuelle, de toute mesure en faveur de la suppression de toute distinction de sexe dans la manière de déterminer la succession à la couronne», a écrit la reine dans un message lu à la Chambre des Lords.
Ce feu vert ne signifie pas pour autant forcément qu’elle approuve la proposition, mais l’assentiment royal est systématiquement demandé et accordé à chaque fois que Westminster étudie un texte ayant des implications pour la royauté.
«Cela est de pure routine», a expliqué un porte-parole de Buckingham Palace.
Pour autant, Buckingham avait laissé filtrer l’été dernier que la reine envisageait à terme plusieurs réformes de la royauté pour l’adapter aux temps modernes et redorer son lustre après les scandales à répétition des divorces et adultères de ces dernières années.
Cependant, croient savoir les chroniqueurs royaux, la souveraine préférerait qu’une réforme sur la succession émane du gouvernement, et non d’un simple membre du Parlement, fut-il Lord.
La reine Elizabeth, qui a elle-même accédé au trône parce qu’elle n’avait qu’une sœur cadette, songerait aussi à supprimer la liste civile, cette allocation versée à quelques membres de la famille royale par le gouvernement, à mettre fin à l’interdiction d’épouser des catholiques faite aux membres en ligne directe de la famille royale et à revoir la fonction de chef de l’Eglise inhérente au souverain.


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