Le président de la Cour populaire suprême Ren Jianxin et le procureur général Zhang Siqing ont précisé devant l’Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement chinois) qu’aucun relâchement ne sera toléré dans la campagne contre la criminalité lancée en avril, et au cours de laquelle plus de 2.300 personnes ont été exécutées, selon des bilans incomplets.
«Frapper fort» se poursuivra cette année, avec fermeté et sans relâche», a déclaré Ren Jianxin, précisant que la campagne doit s’attacher davantage au combat contre la corruption.
«Nous sommes pour la manière dure contre ceux qui portent atteinte aux intérêts publics, ainsi que contre les dirigeants des entreprises d’Etat qui détournent les fonds de la nation», a proclamé M. Ren devant les législateurs.
Les tribunaux chinois ont traité 570.334 affaires criminelles en 1996, en hausse de 14,97% par rapport à l’année précédente. 43,18% des 614.323 personnes condamnées dans le cadre de ces affaires ont écopé des peines allant de 5 ans de prison à la condamnation à mort avec sursis (généralement commuée en réclusion à vie).
Le président de la Cour populaire suprême n’a pas précisé le nombre de condamnations à mort ni celui des personnes passées par les armes l’an dernier.
Des cas sérieux
Il s’est limité à signaler que 322.382 personnes ont été condamnées pour meurtre, viol, vol à main armée ou d’autres crimes violents, et que 65,73% d’entre eux ont été punies par des peines supérieures à 5 ans de prison.
Zhang Siqing a de son côté promis de «continuer de sévir contre les criminels, afin de sauvegarder la sécurité nationale et la stabilité sociale».
«Dans certaines régions on constate encore une criminalité rampante liée à des affaires de violence, à la drogue, à la constitution de bandes criminelles ou à des crimes de caractère mafieux», a proclamé le procureur général.
13.376 personnes ont été convaincues de trafic ou possession de drogues, a-t-il précisé.
Le Parquet a d’autre part enquêté sur 61.099 affaires de détournements des fonds publics ou des pots-de-vin, récupérant pour l’Etat 6,78 milliards de yuans (817 millions de dollars).
Près de la moitié de ces enquêtes ont porté sur des «cas sérieux», une catégorie en hausse de 7,7% par rapport à 1995.
156 affaires impliquaient des sommes supérieures à un million de yuans, et cinq dépassaient 100 millions de yuans.
2.669 dirigeants du Parti communiste et du gouvernement ont été inculpés, soit 10% de plus que l’année précédente.
Les deux magistrats ont cependant reconnu que la justice chinoise doit faire face à de sérieux problèmes, dont celui de ses propres fonctionnaires corrompus.
Un millier de fonctionnaires du pouvoir judiciaire ont été punis l’an dernier pour avoir accepté des dessous-de-table, ou pour détourner la justice en faveur de leurs réseaux de relations.
«Les procès, notamment ceux qui concernent les affaires économiques, sont souvent de pauvre qualité et se terminent par des verdicts erronés», a déclaré M. Zhang. «D’autre part, les enquêtes sur certaines affaires traînent en longueur», a-t-il ajouté.


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