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Actualités - Chronologie

Le joyau de priam

BONN, 11 Mars (AFP). – Le fabuleux butin de guerre pris à l’Allemagne est composé de 200.000 objets d’art, dont le fameux «Trésor de Priam» exhumé sur le site présumé de la ville de Troie, deux millions de livres rares et trois kilomètres d’archives?
L’or de Troie est le joyau de ce trésor culturel et artistique pillé durant et après la Seconde Guerre mondiale par l’armée soviétique dans l’Allemagne en ruines, dont Bonn négocie le retour depuis 1991.
Mis au jour en 1873 à Hissarlik (Turquie), la Pergame antique, le trésor que son découvreur Heinrich Schliemann faisait remonter au règne supposé de Priam (1.400 à 1.200 av. J.-C.), et qui a été daté depuis du millénaire précédent, avait été emporté par l’Armée rouge de Berlin anéantie en mai 1945.
Moscou a nié jusqu’en 1993 être en possession du «Trésor de Priam», qui cristallise depuis le différend germano-russe sur la question. Bien des dents ont grincé en Allemagne lorsque le musée Pouchkine de Moscou a exposé en 1996 260 diadèmes, colliers, bracelets et autres coupes composant le «Trésor».
Par riposte, le musée de préhistoire et de protohistoire de Berlin, où la collection était autrefois présentée et qui en détient encore quelque 7.000 pièces, organisait une manifestation consacrée à Schliemann.
Les conjectures sur une mauvaise volonté russe avaient déjà été alimentées par la présentation au public en 1995 et dans le même musée Pouchkine de chefs-d’œuvre confisqués à l’Allemagne: des toiles de Cranach, Goya, Renoir, Manet, Degas, des dessins de Duerer, Holbein, Mantegna, Rembrandt, Watteau, autant de créations souvent légendées dans les monographies comme ayant disparu depuis la Seconde Guerre mondiale.
Intitulée «les trésors secrets sortent de l’ombre», une exposition analogue, essentiellement d’impressionnistes français, avait occupé la même année les cimaises d’un musée de Saint-Petersbourg.
Mais Bonn négocie aussi le retour d’ouvrages uniques, tels deux bibles imprimées par Gutenberg, prises à Leipzig et aujourd’hui tenues pour disparues, ou encore la prestigieuse Bibliothèque de Gotha. L’Allemagne a récupéré une partie de cette dernière en 1991. En 1958, l’URSS avait rendu à la RDA socialiste un grand nombre d’objets, parmi lesquels deux frises de l’autel de Pergame.
Mais les restitutions, comme celle de la «Madone de la Chapelle Sixtine» de Raphaël, s’opèrent au compte-goutte. Et les spécialistes allemands ne cachent par leur inquiétude sur les conditions de conservation des œuvres.
La cause allemande est compliquée par l’origine de certaines pièces réclamées, elles-mêmes volées par les nazis. Sans compter que la Turquie estime de son côté être le vrai propriétaire du «Trésor de Priam».
BONN, 11 Mars (AFP). – Le fabuleux butin de guerre pris à l’Allemagne est composé de 200.000 objets d’art, dont le fameux «Trésor de Priam» exhumé sur le site présumé de la ville de Troie, deux millions de livres rares et trois kilomètres d’archives?L’or de Troie est le joyau de ce trésor culturel et artistique pillé durant et après la Seconde Guerre mondiale par l’armée soviétique dans l’Allemagne en ruines, dont Bonn négocie le retour depuis 1991.Mis au jour en 1873 à Hissarlik (Turquie), la Pergame antique, le trésor que son découvreur Heinrich Schliemann faisait remonter au règne supposé de Priam (1.400 à 1.200 av. J.-C.), et qui a été daté depuis du millénaire précédent, avait été emporté par l’Armée rouge de Berlin anéantie en mai 1945.Moscou a nié jusqu’en 1993 être en possession...