Alors que le gouvernement italien vient de décider d’interdire tout clonage animal ou humain, et qu’en Bolivie, les législateurs ont approuvé un projet de loi prohibant le clonage humain, les parlementaires de plusieurs autres pays sont à leur tour montés au créneau.
Ainsi, au nom de la protection des animaux, deux députés polonais ont demandé que l’interdiction du clonage figure dans un projet de loi, actuellement en discussion à la Diète (Chambre basse).
Aux Etats-Unis, c’est au contraire au nom de la poursuite des clonages d’animaux que le représentant républicain du Michigan (nord), Vern Ehlers, a déposé à la Chambre des représentants (Chambre basse) deux projets de loi contre l’application de cette technique aux êtres humains. «Si nous n’interdisons pas tout de suite le clonage humain, nous avons de très fortes chances de voir se développer un important mouvement d’opposition aux expériences de clonage en général», a-t-il averti.
Son premier texte vise à prohiber la recherche dans le clonage humain en faisant de toute expérience de ce type un crime fédéral et le second à empêcher définitivement l’utilisation de fonds fédéraux pour cette recherche.
En Argentine, trois projets de loi, prévoyant de sévères peines de prison, ont de même été présentés au Parlement pour interdire tous les travaux susceptibles de déboucher sur la réalisation de clones d’êtres humains.
Parallèlement, les plus hauts responsables religieux, notamment le pape Jean-Paul II, le grand rabbin d’Israël, un théologien musulman de l’Université d’el-Azhar ou l’Eglise orthodoxe roumaine, ont adressé des mises en garde plus ou moins explicites.
«Un danger pour
l’humanité»
Autant de preuves que l’avancée technique annoncée fin février que constitue le clonage réussi de la brebis Dolly, le premier d’un animal adulte, si elle peut déboucher sur des progrès dans l’élevage ou au plan médical, est souvent perçue comme un «danger pour l’humanité».
D’ailleurs, les Ecossais de l’institut Roslin d’Edimbourg à l’origine de l’expérience ont jugé «inacceptable» l’idée de cloner un être humain, tout en affirmant que leur récent succès montrait qu’il était possible de cloner, à certaines conditions, des êtres humains décédés dont les corps ont été congelés.
Mais, tandis que ce débat éthique bat son plein, les scientifiques qui ont conçu Dolly ne baissent pas les bras et estiment être en mesure de cloner d’ici fin 1997 une vache adulte, et de créer un clone de mouton modifié génétiquement.
Le Dr Alan Colman, directeur de recherche de la firme PPL Therapeutics, associée aux travaux pionniers de l’institut Roslin, a déclaré au quotidien «Independent» que bien qu’il soit «encore tôt et qu’il n’y ait pas de Dolly viable chez les vaches», il espérait un clone de vache «en cours d’année».
PPL, indique le Dr Colman au journal britannique, mène aussi actuellement des expérimentations sur des clonages de moutons manipulés génétiquement qui pourraient produire du Facteur IX de coagulation sanguine, utilisé pour le traitement de l’hémophilie B.
Dans une interview publiée par le journal français «Le Monde», le Dr Colman a dit que «la naissance de ce premier mouton transgénique, fabriqué à partir de technique de transfert de noyaux, était attendue dans quelques mois».
Donneuses
mortes
Parallèlement, des chercheurs danois expérimentent depuis deux mois en laboratoire une technique de clonage développée sur Dolly et appliquée pour la première fois à partir de cellules de vaches mortes, note le magazine «New Scientist» à paraître samedi.
Les travaux de l’équipe du Pr Henrik Callesen, de l’Institut national de la science animale de Viborg (ouest), en sont encore au stade expérimental et visent à tenter de cloner des animaux à partir d’ADN issue de cellules de vaches mortes. «Nos «donneuses» étaient mortes depuis environ une demi-heure lorsque nous avons collecté les cellules», a expliqué au New Scientist Peter Holm, membre de l’équipe.
L’Asie n’est pas en reste puisqu’à Taïwan, des chercheurs viennent d’affirmer que cinq cochons d’une race en voie de disparition avaient été clonés en 1991 dans l’île, en appliquant une technique de transplantation génétique. L’un de ces chercheurs, Ming-je Wu, de l’Institut taïwanais de recherche sur le bétail, a cependant admis que les cochons n’étaient identiques à leurs parents qu’à 90%.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir