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Actualités - Chronologie

France : 300.000 à 400.000 emplois sauvés en six ans

PARIS, 7 Mars (Reuter). — Le Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts (CSERC) estime dans un rapport que la politique de l’emploi a sauvé 300.000 à 400.000 emplois en six ans, notamment grâce au développement du travail partiel.

Michel Dollé, rapporteur général du CSERC, créé en décembre 1993 par la loi quinquennale sur l’emploi, a présenté mercredi ce rapport à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale.
Selon le compte rendu de cette séance diffusé jeudi, il a admis que l’évolution de l’emploi avait été «décevante en France de 1991 à 1995 puisque 180.000 emplois ont été perdus».

«Il est certain que le recul de l’emploi aurait été plus important en l’absence des mesures de la politique de l’emploi qui représentent un effort financier important», a cependant ajouté Michel Dollé. «C’est ainsi qu’on peut évaluer à 300.000, voire 400.000, le nombre d’emplois sauvegardés sur six ans».

Sur cette période, les politiques de l’emploi ont notamment commencé à prendre deux formes nouvelles, avec l’encouragement à la baisse de la durée du temps de travail et l’allégement des charges sur les bas salaires.
Selon le CSERC, plus de 50% des emplois sauvegardés s’expliquent ainsi par le développement du travail à temps partiel depuis 1992.
L’allégement du coût du travail sur les bas salaires aurait quant à lui un effet positif à plus long terme: pour le CSERC, un déplacement de charges sociales patronales de 10 milliards FF vers d’autres assiettes «induit à moyen terme un accroissement de 10.000 à 50.000 des effectifs employés».
Le travail à temps partiel a cependant des effets «ambigus» sur l’évolution des revenus, a souligné Michel Dollé, selon qui on constate depuis quelques années «un élargissement de l’éventail des salaires perçus».
Plusieurs enquêtes laissent également apparaître un «très fort développement du temps partiel contraint», a-t-il ajouté. «En mars 1996, sur 3,6 millions de personnes qui travaillaient à temps partiel, près de quatre sur dix déclaraient vouloir travailler davantage. En 1990, cette proportion n’était que de trois sur dix».

Effets de seuil

Dans son rapport sur les inégalités d’emploi et de revenu dans les années 1990, le CSERC étudie également l’évolution de la nature du chômage.
Il constate notamment que le niveau du chômage en France «résulte en partie de l’insuffisance de la demande et n’est pas lié uniquement aux facteurs d’offre, ce qui ne peut qu’atténuer l’impact des politiques de l’emploi».
Le taux de chômage peut aussi s’expliquer par le faible niveau de qualification de la main-d’œuvre française, a souligné Michel Dollé. En revanche, «le niveau élevé du chômage en France ne peut être imputé au coût salarial moyen français qui reste comparable à celui des autres pays», a-t-il ajouté, contredisant ainsi une thèse très répandue dans les milieux proches du gouvernement actuel. «Le coût du travail n’est pas non plus particulièrement élevé pour les bas salaires».

Le CSERC estime que les politiques classiques d’aides ciblées à l’emploi «conduisent plutôt à faire tourner les chômeurs qu’à modifier sensiblement le niveau de l’emploi».
Michel Dollé a cependant estimé qu’elles ne pouvaient pas pour autant être écartées et qu’elles devaient au contraire être améliorées, notamment en ce qui concerne les «effets de seuil qu’elles peuvent induire».

Il a cité le contrat initiative-emploi (CIE), qui «a pu paradoxalement allonger la durée du chômage pour les chômeurs plus récents et a certainement eu un effet négatif sur les chômeurs de très longue durée».
Le rapport du CSERC fait par ailleurs état d’un accroissement des inégalités de revenus entre 1989 et 1994, «alors que celles-ci avaient tendance à baisser dans les années 1970», a indiqué le rapporteur.
PARIS, 7 Mars (Reuter). — Le Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts (CSERC) estime dans un rapport que la politique de l’emploi a sauvé 300.000 à 400.000 emplois en six ans, notamment grâce au développement du travail partiel.Michel Dollé, rapporteur général du CSERC, créé en décembre 1993 par la loi quinquennale sur l’emploi, a présenté mercredi ce rapport à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale.Selon le compte rendu de cette séance diffusé jeudi, il a admis que l’évolution de l’emploi avait été «décevante en France de 1991 à 1995 puisque 180.000 emplois ont été perdus».«Il est certain que le recul de l’emploi aurait été plus important en l’absence des mesures de la politique de l’emploi qui représentent un effort...