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Actualités - Chronologie

La minorité serbe est devenue indésirable à Sarajevo

SARAJEVO, 7 Mars (AFP). – Marqués par la responsabilité collective des Serbes durant la guerre, la minorité serbe de Sarajevo est devenue indésirable dans des quartiers de la capitale, passés il y a un an sous l’autorité de la Fédération.

En l’absence de condamnations des véritables coupables du drame bosniaque par la justice internationale, les Serbes ordinaires y sont devenus une proie facile pour des réfugiés musulmans, principales victimes des ambitions territorialistes serbes.
A Ilidza, un quartier situé à l’ouest de Sarajevo, une poignée de Serbes vit une cohabitation marquée par des incidents, parfois meurtriers, avec des centaines de réfugiés musulmans, chassés en juillet 1995 de Srebrenica (est) par les troupes du général serbe Ratko Mladic.
Cet ancien quartier résidentiel aux grandes allées bordées de sapins, est passé en février 1996, à l’instar d’autres banlieues de la capitale, sous l’autorité de la Fédération, conformément à l’accord de paix de Dayton. Ce transfert d’autorité avait donné lieu à un exode massif de ses habitants serbes.
Leurs maisons, situées quasiment aux premières loges lors du siège de Sarajevo, ont été attribuées aux réfugiés de Srebrenica, balayant ainsi toute chance de retour pour leurs anciens propriétaires.
Depuis l’exode serbe, «le climat politique à Ilidza est désastreux. Les autorités de Sarajevo ne font rien pour lutter contre la criminalité dont la minorité serbe, qui a décidé de rester, est victime», a déclaré le président d’un groupe de défense des habitants serbes de Sarajevo, Maxim Stanisic.
Selon ce responsable, les Serbes d’Ilidza «font l’objet depuis un an d’une campagne d’intimidation pour les forcer à partir. Une femme serbe de 73 ans a été assassinée la semaine dernière à coups de couteau et cette nouvelle a terrorisé le reste des Serbes».

Tendances
suicidaires

Quelque 200.000 Serbes vivaient avant la guerre à Sarajevo. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que 20.000, selon des chiffres serbes.
Les perspectives d’avenir semblent limitées pour les Serbes de ce quartier où ils redoutent également le départ de Bosnie des soldats de l’OTAN, prévu en juin 1998.
«Après leur départ, toutes les minorités vivant sur le territoire des deux entités de la Bosnie – la Fédération croato-musulmane et la RS (Republika Srpska, entité serbe de Bosnie) – vont connaître une situation encore plus précaire», confie Milan Filipovic, un Serbe de 57 ans. «Je ne survis que grâce à l’aide humanitaire», dit-il.
Des graffitis exprimant le désarroi des Serbes d’Ilidza avec le slogan «Suicidal Tendancies» (tendances suicidaires) côtoient des affiches omniprésentes du SDA, le Parti d’action démocratique (majoritairement musulman, au pouvoir à Sarajevo).
Contrairement au reste des quartiers de la capitale défigurés par les obus, celui d’Ilidza est resté relativement intact. Des grues s’activent par une journée printanière dans des chantiers où des habitations sont en construction.
En face, des femmes, aux visages marqués et portant la tenue traditionnelle musulmane, s’emploient à transformer d’anciens jardins en potagers.
Des carcasses de voitures calcinées traînent encore dans les rues d’Ilidza, où des caravanes blanches aux parois rouillées font guise de cafés ambulants pour les passants.
A la sortie d’Ilidza, la route menant au centre de Sarajevo longe plusieurs cimetières improvisés durant son siège près de larges avenues, rappelant, si il le fallait, la mémoire de ses nombreuses victimes.
SARAJEVO, 7 Mars (AFP). – Marqués par la responsabilité collective des Serbes durant la guerre, la minorité serbe de Sarajevo est devenue indésirable dans des quartiers de la capitale, passés il y a un an sous l’autorité de la Fédération.En l’absence de condamnations des véritables coupables du drame bosniaque par la justice internationale, les Serbes ordinaires y sont devenus une proie facile pour des réfugiés musulmans, principales victimes des ambitions territorialistes serbes.A Ilidza, un quartier situé à l’ouest de Sarajevo, une poignée de Serbes vit une cohabitation marquée par des incidents, parfois meurtriers, avec des centaines de réfugiés musulmans, chassés en juillet 1995 de Srebrenica (est) par les troupes du général serbe Ratko Mladic.Cet ancien quartier résidentiel aux grandes allées bordées...