Cette normalisation doit atténuer les effets négatifs ressentis par la Russie face à l’ouverture, en juillet, de l’Alliance à l’Europe de l’Est (Pologne, République tchèque et Hongrie étant les pays les plus cités).
De nouvelles propositions, dont le contenu reste confidentiel, ont été formulées aux 16 alliés par le secrétaire général de l’Alliance Javier Solana, lors d’une longue réunion avec les représentants (ambassadeurs) des pays membres et consacrée à la Russie.
Ces propositions ont été présentées à Moscou par le secrétaire général adjoint de l’Alliance pour les affaires politiques, Gebhardt von Moltke, au vice-ministre russe des Affaires étrangères Nikolaï Afanassievski.
Les deux hommes sont chargés de préparer une troisième série de négociations prévue dimanche en Russie entre M. Solana et le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov. MM. Solana et Primakov doivent également évoquer ces nouvelles propositions.
Les deux hommes sont pressés par le temps afin de permettre, lors d’un sommet les 20 et 21 mars à Helsinki entre les présidents Bill Clinton et Boris Eltsine, de constater l’existence d’un «compromis» sur l’OTAN, comme l’a souhaité le chef d’Etat russe.
Leurs précédents entretiens, les 20 janvier et 23 février, ont permis à MM. Solana et Primakov de progresser sur le contenu d’un futur document qui devrait comprendre trois parties: grands principes (respect des droits de l’homme, de principes démocratiques), mécanisme de consultation avec la création d’une instance OTAN-Russie permanente au siège de l’Alliance, et domaines de coopération (notamment le maintien de la paix, la maîtrise des armements ou encore la protection de l’environnement).
Formule impossible
Mais deux points de divergences importants demeurent: la question de la forme du futur document, l’OTAN proposant une charte alors que Moscou réclame un traité, et celle des infrastructures alliées que la Russie ne veut pas voir installer chez les nouveaux adhérents d’Europe de l’Est.
Pour la forme, les pays de l’Alliance ont récemment mis de l’eau dans leur vin et acceptent désormais l’idée d’un «document contraignant», mais «non légalement contraignant», explique un diplomate.
S’il devait être «légalement contraignant», les Parlements des pays de l’OTAN et de Russie seraient alors obligés de ratifier le texte, une procédure pouvant être très longue et dont le succès n’est pas garanti d’avance. «Pour nous, une telle formule est presque impossible» à considérer, indique un autre diplomate.
A cet égard, l’aspect contraignant de l’acte final de Helsinki (1975) sur les droits de l’homme, signé par des chefs d’Etat et de gouvernement sans être un traité, est régulièrement cité par des diplomates, certains d’entre eux évoquant pour la Russie l’hypothèse d’un simple «protocole d’accord».
Le «problème central» des «infrastructures», selon les termes d’un diplomate, que l’OTAN déploiera sur le territoire des nouveaux adhérents, devra lui aussi être résolu.
Pour la Russie, l’élargissement de l’Alliance à l’Est ne doit se traduire par aucune nouvelle installation se rapprochant de ses frontières.

