Dans un débat à la Chambre des représentants, Robert Aderholt, républicain de l’Alabama, a défendu le droit du juge Roy Moore, du comté d’Etowah, d’afficher les 10 Commandements, gravés sur deux tablettes de bois, au mur derrière son siège.
«Il s’agit de notre héritage national. Les 10 Commandements représentent la pierre angulaire de notre civilisation», a affirmé M. Aderholt, un protestant.
Le juge Moore a été sommé par un tribunal supérieur d’enlever les tablettes du mur de son tribunal au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat proclamée par la constitution américaine.
L’affaire a maintenant été portée devant la Cour suprême de l’Alabama.
Les défenseurs du juge — pour la plupart des républicains — ont affirmé que la constitution américaine entendait séparer l’Eglise de l’Etat, mais ne prévoyait en aucun cas d’écarter Dieu.
Désignant tour à tour la représentation de Moïse au mur de la Chambre et la devise portée au-dessus du siège du «Speaker» — «Notre confiance en Dieu» (In God we trust), Charles Canady, républicain de Floride, a affirmé que la constitution garantissait la liberté d’expression et de religion à tout citoyen, y compris au juge Moore dans son tribunal.
Des représentants de l’opposition démocrate se sont toutefois insurgés contre une telle interprétation, affirmant que les plaidants avaient également droit au respect de leurs opinions et qu’il était injuste de mettre en avant, hors d’un contexte historique, les idées religieuses.
«Cette résolution confirme que les républicains sont contrôlés par des extrémistes intégristes de l’extrême-droite qui veulent imposer l’intolérance religieuse dans nos tribunaux», a affirmé le député démocrate du Michigan, John Conyers.
«Un vote contre cette résolution n’est pas un vote contre les 10 Commandements comme l’affirment mes collègues républicains, mais un vote pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat», a ajouté ce représentant de confession baptiste.
Les prérogatives des
tribunaux
Cette motion de soutien «représente une intrusion dangereuse et sans précédent dans les prérogatives des tribunaux des Etats, elle soutient un manquement au respect de la loi et est en faux avec notre respect traditionnel de la séparation de l’Eglise et de l’Etat», a-t-il ajouté.
Le juge Moore affirme que l’opinion publique est de son côté et qu’il a reçu plus de 100.000 lettres de soutien depuis le début de l’affaire en 1995.
Le gouverneur de l’Alabama, Fob James, est lui même récemment monté au créneau, affirmant qu’il ferait donner la garde nationale si nécessaire pour défendre le juge et ses tablettes.
Melvin Watt, un démocrate de Caroline du Nord, de confession presbytérienne, s’est étonné que la Chambre ait à débattre d’une telle motion.
«Nous devrions avoir honte de traiter d’une telle motion comme s’il s’agissait d’une affaire sérieuse», a-t-il affirmé, avant de faire remarquer que c’était le seul débat de la journée à la Chambre.
Sur les 435 députés à la Chambre, six seulement ne spécifient pas s’ils ont une religion. Parmi les autres, essentiellement des protestants appartenant à quelque 21 Eglises, on dénombre également quelque 120 catholiques, 25 juifs et deux membres de l’Eglise grecque orthodoxe.


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