«Notre délégation médicale a découvert que le renforcement de l’embargo avait eu des conséquences inattendues sur la santé de la population cubaine, notamment des souffrances et des morts inutiles», a commenté Peter Bourne, le président de l’AAWH, une organisation non gouvernementale américaine.
Selon cette étude, les médecins cubains ne peuvent plus disposer aujourd’hui que de 889 des 1.297 médicaments auxquels ils avaient accès en 1991.
L’embargo a également pour effet de priver totalement les Cubains de la moitié des médicaments dont l’utilisation a été approuvée depuis 1980 à l’échelle mondiale, précise l’étude. «Nombre de nouveaux médicaments permettant de sauver la vie des malades ne sont pas disponibles à Cuba», a indiqué l’un des auteurs, le neurologiste Robert White.
Même l’eau…
Outre l’accès aux médicaments, l’AAWH cite également l’effet de l’embargo sur le programme cubain de dépistage du cancer du sein. Selon l’organisation, les Cubaines subissent de très fortes doses de radiations à chaque examen car elles ne peuvent bénéficier de nouvelles techniques mises au point par la firme américaine Kodak.
De même, de nombreux équipements médicaux de fabrication américaine, notamment des appareils à dialyse ou de radiologie sont inutilisables faute de pièces détachées, note le rapport.
Ses auteurs s’inquiètent aussi de l’état du réseau de distribution d’eau potable de l’île, de construction américaine, dont les systèmes de chloration ne sont plus remplacés. Selon eux, le nombre de morts causées par des maladies liées à l’eau a doublé depuis 1989 et les septicémies qu’elles causent ont provoqué la mort de 60 personnes en 1995.
«Le renforcement opéré en 1992 a fait de cet embargo l’un des plus implacables de l’histoire des Etats-Unis. Même au plus fort de la guerre du Golfe nous avions autorisé l’entrée de la nourriture et des médicaments en Irak», a estimé M. Bourne.


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