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Actualités - Chronologie

La drôle de guerre

KISANGANI (Zaïre), 4 Mars (AFP). — Quatre mois après le début de la guerre au Zaïre, les menaces des rebelles sont toujours aussi pressantes mais le conflit semble marquer le pas, faute notamment... de combattants.
Qui se bat exactement au Zaïre et où se bat-on? Ces questions, beaucoup de Zaïrois et d’observateurs étrangers se les posent à mesure que les jours passent et que les rumeurs les plus folles circulent.
Les «victoires» dans l’est du pays claironnées par le chef des rebelles, Laurent-Desiré Kabila, et la contre-offensive «totale et foudroyante» promise par le gouvernement zaïrois laissent perplexes les milieux occidentaux les mieux informés.
«Vérification faite, la chute de Wamba (100 kilomètres au sud d’Isiro) a été due à l’arrivée de 3 rebelles sur une moto, l’un muni d’une lance, l’autre d’un couteau et le dernier d’un pistolet dont on ignore s’il avait des munitions», raconte un expert.
La confusion règne aussi au sujet de Bafwasende, à 200 kilomètres au nord-est de Kisangani. La rébellion avait affirmé s’être emparée de la ville avant que le gouvernement zaïrois n’annonce sa reprise mardi, sans jamais avoir reconnu l’avoir perdue auparavant. Et tout cela sans que beaucoup de coups de feu n’aient été là encore échangés, semble-t-il.
Le Nord et le Sud-Kivu ainsi que des portions de territoires aux extrémités de ces deux provinces sont à ce jour les seules zones officiellement contrôlées par les rebelles, appuyés par des soldats rwandais et ougandais, selon le gouvernement zaïrois.
Cela ne représente que 20 pour cent du Zaïre mais c’est déjà beaucoup. M. Kabila ne se prive d’ailleurs pas de faire connaître ses conquêtes au monde entier, au travers les médias occidentaux. Il accorde volontiers des interviews et les télévisions étrangères le filment à Goma en train de passer ses troupes en vue. Mais hors de son fief, que se passe-t-il? Quelle est la situation sur les différents fronts, si tant est qu’il existe de vrais fronts?.

Une armée fantôme

«S’il est vrai que l’armée zaïroise est sous-équipée et sous-entraînée, la plupart des rebelles ne valent pas mieux. On a peur des deux côtés», estime un expert militaire occidental de passage récemment à Kisangani.
La grande différence entre les deux camps semble donc être pour l’instant essentiellement médiatique. Les autorités zaïroises font en effet preuve d’encore moins de transparence au plan militaire que leurs adversaires.
Certains analystes attribuent cette discrétion aux divisions politiques qui minent le régime zaïrois alors que le président Mobutu est atteint d’un grave cancer, mais aussi au piteux état d’une armée divisée.
La marche à suivre pour la «reconquête» du territoire n’est ni unifiée ni clairement définie et le général Mahélé Lioko, premier chef d’état-major à commander tous les soldats, doit faire face à une forte opposition, selon des sources informées. Il n’aurait en outre aucune autorité sur les mercenaires engagés par le premier ministre Kengo Wa Dondo.
C’est peut-être pour tenter de redonner vie à une armée «fantôme» et pour la ressouder que le gouvernement a enfin décidé de verser à Kisangani une solde aux soldats qui n’étaient pratiquement pas payés depuis plus d’un an. Vingt dollars ont été alloués à chaque militaire de base, a-t-on appris de source officielle zaïroise.
Les Zaïrois ont d’autre part reçu à Kisangani de nouvelles munitions pour leur aviation, censée leur apporter une supériorité par rapport aux rebelles, a-t-on constaté. Une source militaire zaïroise affirmait mardi soir que des combats opposent toujours les belligérants de part et d’autre de la rivière Oso, mais restait prudente sur l’issue de la bataille.
Cette «drôle de guerre», encore peu coûteuse en vies humaines dans les rangs militaires, a par contre jeté des centaines de milliers de réfugiés sur les routes et inquiète une population lasse des privations économiques entraînées par le conflit.
Tout en admettant ne pas être au courant de la situation militaire, les organisations humanitaires préfèrent que leur personnel ne dorme pas au camp de réfugiés de Tingi-Tingi, à 250 kilomètres au sud-est de Kisangani, abritant 130.000 personnes et convoité par les rebelles.
KISANGANI (Zaïre), 4 Mars (AFP). — Quatre mois après le début de la guerre au Zaïre, les menaces des rebelles sont toujours aussi pressantes mais le conflit semble marquer le pas, faute notamment... de combattants.Qui se bat exactement au Zaïre et où se bat-on? Ces questions, beaucoup de Zaïrois et d’observateurs étrangers se les posent à mesure que les jours passent et que les rumeurs les plus folles circulent.Les «victoires» dans l’est du pays claironnées par le chef des rebelles, Laurent-Desiré Kabila, et la contre-offensive «totale et foudroyante» promise par le gouvernement zaïrois laissent perplexes les milieux occidentaux les mieux informés.«Vérification faite, la chute de Wamba (100 kilomètres au sud d’Isiro) a été due à l’arrivée de 3 rebelles sur une moto, l’un muni d’une lance, l’autre...