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Actualités - Chronologie

Femmes à l'orchestre

VIENNE, 28 Février (AFP). – Le dernier bastion masculin du monde musical est tombé cette semaine, quand les quelque 150 membres du prestigieux orchestre philharmonique de Vienne ont consenti à accueillir des femmes dans leurs rangs à l’issue d’une assemblée générale.
La Philharmonie de Vienne restait le dernier grand ensemble classique du monde à préserver les traditions des siècles passés en n’employant que des hommes.
Fondé au milieu du XIXe siècle, cet ensemble avait été violemment critiqué pour son «machisme» par plusieurs hommes politiques autrichiens et par des organisations féministes américaines.
L’association «International Alliance for Women in Music» (IAWM, alliance internationale pour les femmes dans la musique, ndrl), avait récemment appelé à manifester contre «la politique discriminatoire» de l’orchestre peu avant les concerts que la Philharmonie doit donner à Los Angeles et à New York au début du mois de mars.

Unité
artistique

Un porte-parole du très renommé Carnegie Hall de New York indique également dans le magazine autrichien «News» que l’ensemble viennois risquait de ne plus avoir le droit de jouer dans cette salle à partir de 1998 si son attitude ne changeait pas.
Le chef, Werner Desel, avait menacé de dissoudre l’orchestre si on l’obligeait à accepter des femmes en son sein.
«Nous sommes un club privé et nous n’accepterons pas que l’on nous force la main. Si les pressions perdurent, nous prononcerons la dissolution», avait-il déclaré à la radio nationale.
Werner Desel avait déclaré avoir reçu des lettres de menaces venant notamment d’organisations féministes américaines «informées de toute évidence par des voix autrichiennes, un cas typique de masochisme autrichien.»
«Le Philharmonique n’a jamais eu beaucoup de scrupules à accepter l’argent des contribuables femmes», a fait remarquer à cet égard, la présidente du groupe parlementaire des Verts, Madeleine Petrovic.
A la mi-février le chancelier autrichien Viktor Klima s’était joint au concert de protestations. Selon lui, la Philharmonie devait se rendre compte de l’«existence du potentiel artistique du deuxième sexe».
Fort de sa renommée, l’orchestre viennois, association «autonome dans les domaines artistique, financier et administratif» vis-à-vis de l’Etat, n’était toutefois pas prêt à se voir dicter sa conduite à n’importe quel prix.
«Si nous embauchons des femmes, nous souhaitons que leurs enfants ne soient pas un frein à leur activité professionnelle», avait déclaré, quelques semaines avant le vote de l’assemblée générale, M. Schuster.
«Elles doivent accepter de ne pas interrompre trop longtemps leur travail à cause d’une grossesse. Car notre effectif, relativement réduit par rapport au grand nombre de concerts que nous donnons, ne nous permet pas de nous séparer d’un de nos membres trop longtemps», avait-il ajouté.

Passif ou
actif?

En vertu de cette théorie, l’assemblée générale a décidé que tout membre de la Philharmonie, homme ou femme, qui quitterait l’orchestre pendant plus d’un an, verrait à nouveau ses qualités musicales testées pour une éventuelle réintégration.
En pratique, il faudra de toute façon attendre plusieurs années pour que des femmes jouent dans cet ensemble.
Car les musiciens de la Philharmonie sont recrutés exclusivement parmi les artistes employés depuis au moins trois ans dans l’orchestre de l’Opéra de Vienne.
Et l’orchestre de l’Opéra, qui engage selon ses besoins entre deux et dix personnes par an après une impitoyable sélection, ne compte pour l’instant que deux femmes, deux harpistes.
L’une d’entre elles, Anna Lelkes, était d’ailleurs considérée comme le seul «membre passif» de la Philharmonie. La décision lui permet donc de devenir un «membre actif».
En tant que membre passif, Anna Lelkes participait à nos concerts, recevait le même salaire que les autres musiciens, avait précisé M. Schuster. Mais elle n’avait pas le droit de faire partie du comité des 12 membres de la Philharmonie, élu par l’assemblée générale et chargé de l’administration, avait-il ajouté.
VIENNE, 28 Février (AFP). – Le dernier bastion masculin du monde musical est tombé cette semaine, quand les quelque 150 membres du prestigieux orchestre philharmonique de Vienne ont consenti à accueillir des femmes dans leurs rangs à l’issue d’une assemblée générale.La Philharmonie de Vienne restait le dernier grand ensemble classique du monde à préserver les traditions des siècles passés en n’employant que des hommes.Fondé au milieu du XIXe siècle, cet ensemble avait été violemment critiqué pour son «machisme» par plusieurs hommes politiques autrichiens et par des organisations féministes américaines.L’association «International Alliance for Women in Music» (IAWM, alliance internationale pour les femmes dans la musique, ndrl), avait récemment appelé à manifester contre «la politique discriminatoire»...