Prodige de la batterie dès son adolescence, Tony Williams était l’une des figures les plus inventives du jazz contemporain.
Dans les années 60, il avait joué avec les plus grands, dont John Coltrane, Thelonious Monk et Miles Davis. Batteur d’une puissance peu commune, il n’avait pas hésité aussi à accompagner des vedettes du rock, tels que Jimi Hendrix ou Bruce Springsteen.
«Il a changé la façon de jouer de la batterie de manière tellement spectaculaire que tout le monde passait son temps à tenter de le rattraper, et encore aujourd’hui. Dans le monde de la batterie, Tony était une légende et tout le monde le savait», a souligné son agent, Greg DiGiovine.
Pionnier de l’utilisation de mélodies et des contre-temps dans le domaine des percussions, Tony Williams a repoussé les frontières du jazz contemporain, en créant une fusion entre les rythmes ternaires et les harmonies du jazz et le tempo binaire du rock, et en intégrant à sa musique des éléments de blues, de musique country et même de classique.
Né à Chicago (Illinois), Tony Williams a commencé à apprendre la batterie à l’âge de 8 ans, avec comme professeurs Art Blakey et Max Roach. Elève à 12 ans de la prestigieuse Berklee School of Music de Boston (Massachusetts) et professionnel deux ans plus tard, il intègre en 1963 – il n’a alors que 17 ans – le prestigieux quintet du Miles Davis, aux côtés du pianiste Herbie Hancock, du saxophoniste Wayne Shorter et du bassiste Ron Carter.
«Un batteur comme Tony, il n’y en a qu’un tous les trente ans», avait lancé alors Miles Davis.
Jusqu’en 1968, il enregistrera 13 albums, dont un album solo d’avant-garde sur le label Blue Note («Lifetime», 1964).
A la fin des années soixante, il forme son propre groupe de jazz-fusion, «Lifetime», une des premières formations du genre, en compagnie du guitariste virtuose John McLaughlin et de l’organiste Larry Young.
Touché par les critiques des puristes, il se retire en 1972 à San Francisco (Californie) pour y étudier la composition classique, avant de revenir quatre ans plus tard au jazz, au sein de «V.S.O.P.» le célèbre groupe d’Herbie Hancock des années 70.
Son dernier album, «Wilderness», était paru en 1996, avec le guitariste Pat Metheny, le saxophoniste Michael Brecker, Herbie Hancock, et le bassiste Stanley Clarke.


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