L’exposition, une rétrospective partielle semble-t-il, débute par quelques paysages d’avant-guerre. Des peintures de vieilles maisons au portail en fer forgé, enfouies dans la verdure ainsi que des paysages sereins. Tout change avec la guerre. L’artiste passe dès lors progressivement à un registre plus violent. La mer s’agite, les flots noircissent, le ciel s‘obscurcit, la ville n’est plus que désolation. Le pinceau de Ghada Jamal devient agressif. Choix des couleurs sombres, où dominent le noir et le gris, et accumulation de touches appliquées avec frénésie. L’ensemble dégage toutefois de la vie, comme le hurlement de celui qui refuse l’anéantissement. Des toiles qui sont un témoignage de souffrances et de détresse...
La galerie «Art & Valeurs» (Sioufi, descente Atchinak) présente, jusqu’au 7 mars, une cinquantaine d’huiles et une dizaine d’aquarelles de Samira Nehmé. L’artiste est professeur de dessin et de peinture à l’UL, à l’ALBA et membre sociétaire du Salon d’automne de Paris.
C’est par une technique très personnelle qu’elle représente des paysages libanais, des scènes de la vie rurale, d’anciens quartiers beyrouthins, des vues de ports de pêche. Dans une palette à dominante bleu, mauve et violet, on distingue des silhouettes de pêcheurs réunis en groupe, leurs filets devant eux, ou à bord d’une barque en pleine mer. Couleurs «pastellisées», comme enrobées d’un halo, par contre, pour les images de vieux souks et de ruelles marchandes traditionnelles, grouillantes de personnages, à Byblos ou Tripoli... Il y a aussi les danses du terroir qui, dans des tons vifs, éclatent de «Joie». Et encore, des réunions de femmes préparant la mounée, des portraits de «fellahs», des charretiers de «tombor Kaz» (citerne) tiré par un mulet. Des œuvres qui dégagent une douce nostalgie.
La galerie «Noah’s Ark» (Zalka) expose, jusqu’au 4 mars, 45 acryliques sur toiles de John Guevherian, un architecte qui manie le pinceau à ses moments perdus.
Cela donne des tableaux élaborés par superpositions de plans géométriques. Des toiles structurées, travaillées en perspective et qui mélangent différents styles: cubisme, réalisme, hyper-réalisme. Les thèmes de Guevherian sont par contre assez classiques. Beaucoup d’églises arméniennes, de nature et de paysages traités par juxtaposition de touches de couleurs fortes et pures: orange, violet, vert, bleu... Et, des dessins récurrents d’arbres aux branches décharnées et de barques vides, symboles de temps et de solitude...
Le théâtre «Al-Madina» (Clemenceau) accroche, jusqu’au 27 mars, les œuvres d’Elham Abboud. Une vingtaine d’huiles sur papier aux variations de couleurs claires. Des tableaux très abstraits de petits et moyens formats. On discerne, ça et là, un semblant de paysage, des formes qui ressemblent à des silhouettes. Une peinture à déchiffrer.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir