«Le Yémen est disposé à nouer avec Israël une fois qu’une paix globale est instaurée au Proche-Orient, et après le retrait des troupes israéliennes de tous les territoires arabes occupés, y compris le Golan syrien et le Liban-Sud», a déclaré M. Saleh lors d’une conférence de presse à Abou Dhabi.
Cité par l’agence des Emirats WAM, le président yéménite a affirmé que «toute décision liée à cette question (établissement des relations avec l’Etat hébreu) fera l’objet d’un accord collectif arabe».
Le général Saleh, qui a quitté dans la soirée Abou Dhabi au terme d’une brève visite aux Emirats, réagissait à des propos du ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy, qui avait évoqué la veille l’établissement imminent de relations avec Sanaa.
Le ministre israélien avait également évoqué l’ouverture réciproque de bureaux d’intérêts, le niveau le plus bas des relations diplomatiques.
Le président yéménite a estimé qu’«Israël n’est pas sérieux pour signer la paix» avec ses voisins arabes.
Un porte-parole officiel à Sanaa avait démenti lundi que le Yémen allait bientôt normaliser ses relations avec Israël et affirmé que l’établissement de relations bilatérales dépendait de la conclusion de la paix au Proche-Orient.
Israël et le Yémen ont eu des contacts dans le passé. Le président yéménite Ali Abdallah Saleh avait échangé quelques propos avec l’ancien premier ministre Shimon Pérès à Paris en janvier 1996.
Le président yéménite, dont le pays est un des plus pauvres de la planète, a réitéré mardi sa demande d’adhérer au Conseil de coopération du Golfe (CCG), groupement régional qui comprend six riches monarchies pétrolières.
«Le Yémen fait partie de cette région et sa place naturelle est au sein du CCG, et nous poursuivons nos efforts pour y adhérer», a dit M. Saleh.
Sanaa avait demandé en 1996 à se joindre au CCG — Arabie Séoudite, Koweit, Emirats, Qatar, Oman et Bahrein —, mais ce groupement n’a pas encore répondu à sa requête.
La fédération des Emirats était l’un des plus importants donateurs au Yémen avant l’occupation du Koweit par l’armée irakienne (août 1990-février 1991). Abou-Dhabi avait financé la restauration du barrage historique de Ma’reb, pour un coût de 90 millions de dollars.

