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Actualités - Chronologie

Yack Yok

ALMATY, 25 Février (AFP). – Capable de se défendre contre les loups, d’affronter des températures de – 40° et de survivre seul en haute altitude, le yack d’Asie centrale n’a pas résisté à la modernisation.
Devenu presque inutile à l’homme, il est menacé de disparition.
«Depuis 1916, les yacks ont vu leur nombre chuter au Kirghizstan de 420.000 à 27.000 et ce chiffre continue de baisser. Ils sont désormais inscrits sur la liste des animaux bientôt en voie de disparition», s’inquiète Kalel Djoumabaïev, spécialiste des yacks au ministère de l’Agriculture du Kirghizstan.
Ces bovidés à la longue toison soyeuse, puissante bête de somme qui fournissent aussi lait et viande, étaient encore 79.000 au Kirghizstan en 1978 et 57.000 en 1990, selon M. Djoumabaïev.

Troupeaux
inutiles

Dans les autres républiques d’Asie centrale, moins peuplées de yacks que le Kirghizstan – il n’y a pas de spécialistes des yacks au Kazakhstan et au Tadjikistan –, l’animal a vu sa population décroître de façon alarmante, et ce pour les mêmes raisons.
La reproduction optimale des troupeaux de yacks requiert 500 à 600 têtes pour obtenir des mâles reproducteurs de qualité.
A l’époque soviétique, «après que les gens ont adopté un mode de vie plus confortable et sédentaire, ces grands troupeaux devenaient inutiles», dans des régions telles que Osh ou Djelalabad, au sud du Kirghizstan sur les marches des monts Pamir, ou encore au Gorno-Badakhchan (Pamir tadjik), écrit l’hebdomadaire «Central Asian Post».
Les éleveurs ont donc commencé à massacrer les yacks pour écouler leur chair au bazar.
Avec l’effondrement de l’URSS et la crise économique qui s’en est suivie, l’abattage des yacks s’est amplifié permettant aux paysans de toucher rapidement de l’argent, mais mettant en danger leur cheptel et la survie de l’espèce.
Pesant de 450 à 700 kilos pour une longueur maximale de 3 mètres du museau au coccyx, ce bovidé noir est plus résistant à l’altitude que le chameau, le cheval ou le buffle. Apprivoisé par l’homme il y a 5.000 ans, il est passé du statut de compagnon indispensable à la vie à celui de marchandise à dépecer.
Pourtant, explique Guennadi Vorobiov de l’institut de zoologie de Bichkek, capitale de la république kirghize, «l’élevage de yacks n’est pas un vrai élevage. Il n’y a rien à faire. Il se défend tout seul, est capable de se nourrir seul à 4.000 mètres d’altitude, donc pas besoin d’entretenir des pâturages, le yack ne coûte rien».

Traite et
abattage

Ses seules exigences sont la traite et l’abattage, poursuit M. Vorobiov.
Les éleveurs de yacks sont d’anciens nomades. La femelle yack fournissait de 300 à 350 litres de lait par an et sa viande apportait les calories nécessaires à ces populations montagnardes.
Quant aux yacks sauvages – «quelques-uns en Asie centrale et quelques centaines au Tibet», selon M. Vorobiov –, «des chasseurs occidentaux viendront bien un jour (les traquer) pour rapporter un trophée dans leur salon».
Pour endiguer la disparition progressive des yacks, explique M. Djoumabaïev, «il nous faudrait deux millions de dollars pour mettre en place de grands espaces d’élevages où quelques mâles seraient selectionnés pour la reproduction». Sinon, «il faudra considérer le yack comme un animal d’une époque révolue, comme le mammouth», a-t-il conclu.
ALMATY, 25 Février (AFP). – Capable de se défendre contre les loups, d’affronter des températures de – 40° et de survivre seul en haute altitude, le yack d’Asie centrale n’a pas résisté à la modernisation.Devenu presque inutile à l’homme, il est menacé de disparition.«Depuis 1916, les yacks ont vu leur nombre chuter au Kirghizstan de 420.000 à 27.000 et ce chiffre continue de baisser. Ils sont désormais inscrits sur la liste des animaux bientôt en voie de disparition», s’inquiète Kalel Djoumabaïev, spécialiste des yacks au ministère de l’Agriculture du Kirghizstan.Ces bovidés à la longue toison soyeuse, puissante bête de somme qui fournissent aussi lait et viande, étaient encore 79.000 au Kirghizstan en 1978 et 57.000 en 1990, selon M. Djoumabaïev.Troupeaux inutilesDans les autres républiques...