A 10 heures précises mardi matin, les sirènes des bateaux dans le port de Victoria ont résonné à l’unisson avec celles des autres ports de la Chine continentale. Chauffeurs de taxis et de camions se sont joints à ce concert d’avertisseurs.
La radio diffusait un programme musical de circonstance, alors que les chaînes de télévision relayaient les images de la cérémonie funéraire transmises depuis Pékin.
Le tramway du Peak, qui hisse chaque année des dizaines de milliers de touristes sur le promontoire qui domine un des paysages les plus spectaculaires au monde, s’est arrêté. Une minute de silence était observée dans les entreprises du territoire, en particulier celles de plus en plus nombreuses qui appartiennent à des sociétés du continent.
Les condoléances
du gouverneur
Au cours des cinq derniers jours, le siège local de l’agence de presse officielle Chine nouvelle, qui fait office de consulat de la République populaire à Hong Kong, a vu défiler des dizaines de milliers de personnes, en habits de deuil, venues s’incliner trois fois devant l’image du dirigeant disparu.
Ils étaient 20.000 pour la dernière journée lundi, membres du gouvernement de Hong Kong comme simples citoyens, millionnaires ou artistes comme la star du cinéma local Jacky Chang.
Au total, quelque 50.000 personnes seront venues présenter leurs respects au patriarche, dans une ville qui avait vu un million de manifestants conspuer son nom et ceux des autres dirigeants de Pékin après le massacre de Tienanmen en juin 1989.
Les abords du bâtiment abritant l’agence, dans le quartier de Happy Valley plus célèbre pour son champ de course, sont envahis depuis six jours par les couronnes de fleurs blanches et jaunes.
Le gouverneur de Hong Kong, Chris Patten, régulièrement vilipendé dans la presse officielle chinoise pour avoir apporté au territoire des réformes démocratiques qui ne sont pas du goût de Pékin, avait été une des premières personnalités à se rendre au siège de Chine nouvelle pour échanger une rare poignée de main avec son directeur Zhou-an.
Le directeur adjoint de Chine nouvelle à Hong Kong a indiqué qu’il transmettrait à Pékin la suggestion de certains groupes d’opinion demandant qu’une partie des cendres soit dispersée dans le port de Hong Kong. M. Deng est considéré comme le père de la formule «un pays, deux systèmes», qui doit en principe garantir à Hong Kong un «large degré d’autonomie» après la rétrocession.
Crainte d’une
ligne «dure»
Tung Chee-hwa, le chef de l’exécutif de la future Région administrative spéciale de Hong Kong, se trouvait à Pékin mardi pour les funérailles de Deng Xiaoping. M. Tung, qui avait été intégré au début du mois dans la hiérarchie officielle de la République populaire avec le rang de dignitaire d’Etat, faisait partie du comité d’organisation des funérailles.
La presse de Hong Kong a consacré une place considérable à l’événement, le meilleur «coup» étant réussi par le très anti-Pékin quotidien «Apple Daily» qui a obtenu les droits de reproduction d’une des dernières photos de Deng vivant, montrant les ravages de la maladie de Parkinson.


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