«Nous comprenons qu’il s’agit d’un processus long», a déclaré Mme Albright après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Qian Qichen.
Le secrétaire d’Etat est arrivé à Pékin, dernière étape de son voyage de dix jours qui l’a conduit dans les principales capitales européennes, puis à Séoul et Tokyo.
Vêtue de noir en hommage au patriarche chinois Deng Xiaoping, décédé le 19 février, Mme Albright, qui a quitté Pékin mardi, a également rencontré le premier ministre Li Peng et le président Jiang Zemin, à qui elle a remis un message de condoléances du président américain Bill Clinton.
Les entretiens ont porté sur les droits de l’homme, la rétrocession de Hong Kong à la Chine, le 1er juillet, les exportations de technologie militaire, le commerce et la situation dans la péninsule coréenne, a déclaré Mme Albright.
Elle a informé ses interlocuteurs que les Etats-Unis avaient l’intention de proposer une résolution critiquant la répression de la dissidence en Chine, lors de la prochaine réunion de la commission sur les droits de l’homme, à Genève.
«J’ai dit clairement que (...) s’il n’y avait pas d’autre progrès sur ce point, nous devrions poursuivre dans ce sens. Mais il reste encore du temps», a souligné Mme Albright.
Selon des responsables américains, Washington a demandé à Pékin de libérer huit dissidents, dont Wang Dan, l’ancien dirigeant étudiant du mouvement démocratique de la place Tienanmen, condamné à onze ans de prison, et Wei Jingsheng, le plus célèbre dissident chinois, condamné à 14 ans de prison.
Echanges «assez vifs»
A l’issue de sa rencontre avec le chef de la diplomatie américaine, Qian Qichen a seulement affirmé que «les autorités judiciaires chinoises prendraient des décisions de manière indépendante à ce sujet».
Un responsable américain, parlant sous couvert de l’anonymat, a qualifié «d’assez vifs» les échanges entre Mme Albright et Li Peng sur les droits de l’homme, mais a estimé que les points de vue n’étaient «pas aussi éloignés que par le passé».
Les Chinois ont témoigné de leur volonté de maintenir leurs relations avec Washington, malgré les divergences entre les deux pays. «Les relations sino-américaines ont à présent l’occasion de progresser», a estimé Qian Qichen.
Mme Albright a indiqué que le vice-président américain Al Gore devait se rendre à Pékin le mois prochain. Les présidents des deux pays devraient également se rendre visite à la fin de cette année et au début de 1998.
Le secrétaire d’Etat a en outre invité son homologue chinois à aller aux Etats-Unis d’ici au mois de juin, a-t-on indiqué de source officielle.
A propos du retour de Hong Kong dans le giron chinois, Mme Albright a affirmé que cela «ne devrait rien changer au mode de vie, au dynamisme économique et aux libertés fondamentales» en vigueur dans ce territoire.
Elle a par ailleurs réaffirmé que la Chine devrait rechercher une «solution pacifique» à ses différends avec Taipei et a appelé à une reprise rapide du dialogue entre la Chine et l’île nationaliste.
Taïwan a annoncé avoir déployé des missiles antimissiles américains Patriot, considérés comme l’arme défensive principale en cas d’attaque par des missiles chinois.
Lors d’une réception à l’ambassade des Etats-Unis, Mme Albright a déclaré qu’il «n’y a aucun doute» que les relations entre Washington et Pékin «sont la clé de la stabilité et de la prospérité au XXIe siècle».
Ces relations avaient connu un brusque refroidissement en 1996 après l’octroi par le gouvernement américain d’un visa au président de Taïwan Lee Ten-Hui, interprété comme un soutien des Etats-Unis aux poussées pro-indépendance dans l’île.


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