«Depuis quelques années, une importante partie de la production a été transférée d’Europe occidentale au Proche-Orient», a indiqué à l’AFP M. Luc Maene, secrétaire général de l’Association internationale des engrais (IFA), qui a son siège à Paris.
Il a expliqué le développement de la production d’engrais dans les pays arabes par l’abondance des matières premières constituées par «d’énormes réserves de phosphate» et de «sources d’énergie à bon marché».
Selon le secrétaire général de l’Association arabe des engrais (AFA), M. Mahmoud Abou Khader, la production de phosphates a augmenté depuis quinze ans dans les pays arabes pour s’établir à environ 35 millions de tonnes en 1995 (MT) et devrait atteindre 47 MT en l’an 2000.
Parallèlement, la consommation de ces pays est passée de 7 MT en 1980 à quelque 18,7 MT en 1995, a-t-il ajouté.
La production d’ammoniac, utilisé pour produire des engrais azotés, a progressé de 217% sur la même période et devrait atteindre 10,3 millions de tonnes en l’an 2000. Celle d’engrais potassés est de 1,8 MT et pourrait atteindre 2,2 MT en l’an 2000, selon M. Abou Khader.
Les projets d’investissement se multiplient, selon M. Abou Khader qui cite notamment le développement ou l’exploitation des mines de phosphate à Echédiya en Jordanie, Abou Tartour en Egypte et Al-Jamalid en Arabie Séoudite.
Pour M. Abdel Moneim Akil, président-directeur général de la compagnie El Nasr Fertiliser and Chemical, la production d’engrais phosphatiers est une «industrie du futur».
Le développement de la production est stimulé par celui de l’agriculture, notamment la mise en valeur de terres désertiques.
«La mise en valeur de terres désertiques en Egypte s’intensifiera dans les dix prochaines années, avec la bonification de 2 à 3 millions de feddans (un feddan=0,42 ha)», note M. Akil.

