Ces «jeux de guerre» électroniques, destinés à tester l’efficacité des nouvelles technologies numériques, se dérouleront durant six semaines au Centre national d’entraînement, une base militaire située à Fort Irwin.
«C’est le point culminant de deux ans et demi d’efforts qui ont débuté avec des choses très, très visionnaires», explique le colonel Albert Turner, du Centre de commande et de doctrine de l’armée de terre.
Tentant de révolutionner la façon de mener des batailles terrestres, la 1ère brigade de la 4e division d’infanterie, force expérimentale basée à Fort Hood (Texas), s’est entraînée pour mettre au point de nouvelles tactiques de combat en utilisant des systèmes de communication ultra-sophistiqués et des équipements de vision nocturne.
Les chars M-1A2 et véhicules de combat Bradley de la brigade, rebaptisée pour l’occasion «EXFOR», ont été équipés d’ordinateurs portables, capables de communiquer entre eux via un réseau Internet local. Un système de localisation radio communique à chaque instant la position de chaque véhicule, fournissant ainsi aux commandants sur le théâtre d’opérations une image en temps réel du mouvement des forces sur le champ de bataille.
La brigade testera ce dispositif la nuit à l’aide d’équipements à visée nocturne, tandis que la surveillance aérienne sera assurée par un avion téléguidé sans pilote Hunter appuyé par le dernier système radar de surveillance aérienne mis au point par l’armée de l’air, le JSTARS.
En théorie du moins, la brigade expérimentale devrait ainsi parvenir à un degré sans précédent de connaissance de ce qui se passe sur le terrain.
Le 15 mars, la théorie sera mise à l’épreuve contre la propre brigade du Centre national d’entraînement, l’OPFOR, une force d’élite classique qui utilise des chars T-72 d’origine soviétique et des véhicules de combat.
L’OPFOR possède pour elle une excellente connaissance du terrain, un avantage qui se révèle généralement décisif. De plus, elle a l’expérience d’avoir déjà participé à cinq reprises à des exercices de combats contre d’autres brigades.
L’OPFOR n’est pas aussi avancée sur le plan technologique que l’EXFOR, reconnaît le colonel Turner. «Mais ils sont bien entraînés, bien instruits. Ils mènent la même bataille sur le même terrain chaque semaine», poursuit-il.
Pendant neuf jours, les deux brigades s’affronteront selon des scénarios de guerre déterminés à l’avance. Les performances de la brigade expérimentale seront mesurées à l’une des cinq brigades qui se sont déjà mesurées à l’OPFOR.
Les deux brigades seront ensuite lâchées l’une contre l’autre durant une semaine pour une bataille libre de tout scénario.
«Nous allons séparer les forces, mettre l’EXFOR ici, l’OPFOR là et dire: «OK, allez-y! Essayez de vous localiser, de trouver vos faiblesses respectives et de battre votre adversaire», indique le colonel Turner.
«Cela va être drôle. Cela va être vraiment excitant de regarder ce travail. Parce que c’est unique», ajoute-t-il.
Dans un des scénarios, la brigade OPFOR ne sera pas autorisée à contrecarrer son adversaire par le recours au brouillage électronique. Les responsables de l’armée reconnaissent que leur réseau Internet tactique est fragile et qu’un «pirate» n’aurait aucun problème à le mettre hors service.


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