«Il n’y a aucune raison de s’attendre à un changement radical, que ce soit en politique intérieure, en politique internationale ou en politique économique», a assuré le président de l’organisme américain de conseil aux entreprises pour le commerce avec la Chine (US-China Business Council), Robert Kapp.
Selon M. Kapp, expert renommé en matières chinoises, la mort de Deng Xiaoping devrait au contraire libérer les dirigeants «des interdictions éthiques» qui les restreignaient dans leurs décisions.
Avec la disparition du patriarche, «l’héritage du passé s’amenuise (...) et permet l’émergence d’une conscience chinoise post-révolutionnaire, de la conscience d’une Chine puissance mondiale», a-t-il expliqué.
Mais «pour les entreprises qui ont investi en Chine comme celles qui font du commerce avec la Chine il va y avoir une période d’incertitude» dans l’immédiat, a remarqué l’économiste de la Chambre de commerce américaine pour les relations internationales, Wally Workman.
Il ne devrait cependant pas y avoir de retour en arrière, a continué M. Workman. «La gestion au jour le jour de l’économie a échappé au pouvoir central et est maintenant entre les mains des dirigeants d’entreprises et des collectivités locales», a-t-il souligné.
Les réformes amorcées il y a 19 ans par Deng Xiaoping «ont pris racines», a poursuivi l’économiste, notant que plus de la moitié du Produit intérieur brut chinois provenait maintenant du secteur privé.
David Malpass, économiste international de la firme d’investissement Bear Stearns, table lui aussi sur une certaine stabilité. «Je ne pense pas qu’il y aura une lutte de pouvoir dans l’immédiat, parce que la succession a été largement planifiée», a-t-il affirmé.
M. Malpass n’exclut pas un éventuel conflit «plus tard dans l’année», qui pourrait opposer la génération actuelle de dirigeants, autour de Jiang Zemin, à des quinquagénaires partisans d’une accélération des réformes. Mais il n’envisage pas non plus de retour en arrière de l’ouverture économique.
Les intérêts en jeu sont de taille pour les entreprises américaines. L’année du lancement des réformes économiques, en 1979, le commerce entre les deux pays avait atteint un total de 2,5 milliards de dollars, selon les statistiques chinoises. En 1995, il avait gonflé à 40,8 milliards de dollars.
Le département du Commerce américain n’était pas en mesure jeudi de fournir des chiffres pour 1979. Mais, selon des statistiques publiées à Washington, le commerce avec la Chine s’est élevé en 1996 à 51,46 milliards de dollars


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