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Actualités - Chronologie

Bunia libérée est une ville fantôme

BUNIA (Zaïre), 18 Février (AFP). — Autrefois ville marchande prospère, Bunia (nord-est du Zaïre) ressemble aujourd’hui à une de ces villes fantômes du Far West américain, poussiéreuse et balayée par les vents.
Pillée par des déserteurs de l’armée zaïroise début décembre, la ville est encore sous le choc. Les rebelles de Laurent-Désiré Kabila ont «libéré» l’agglomération, proche de la frontière ougandaise, à Noël mais depuis, la vie n’a toujours pas repris son cours normal.
«La ville est sérieusement sinistrée», constate avec amertume le commissaire sous-régional Auguste Kamara. «Le centre commercial a été complètement pillé, ils passaient de boutique en boutique», explique-t-il.
La grande artère commerçante de Bunia est quasiment déserte. Peu de voitures, peu de motos, quelques passants sur la route de terre. Les deux plus grands magasins de la ville n’offrent plus aux curieux que leur façade noircie par les flammes.
A proximité, vitres brisées, portes fracturées. Tous les établissements commerciaux ont été «visités». Devant l’entrée de la Garde civile, une inscription à la craie: «Nous voulons la paix».
Les seuls à maintenir une activité commerçante sont les «mamans» du marché central et les jeunes hommes qui, dans leurs petits étalages de bois aux couleurs vives, vendent cigarettes, dentifrice ou shampooing.
Face aux pillages des déserteurs des Forces armées zaïroises (FAZ) et à l’avancée des rebelles, de nombreux habitants ont fui.
«Les commerçants fortunés ont fui vers l’Ouganda et le Kenya, les fonctionnaires fortunés vers l’ouest, Kisangani et Kinshasa», explique le directeur de l’hôpital de la ville, Janvier Ucoun-Tonen.
Les étrangers — Belges, Grecs et Pakistanais — ont quasiment tous quitté la ville. Les habitants regardent désormais les Muzungu (les Blancs en swahili) avec curiosité.
Les plus démunis sont «retournés au village», dans les petites cases rondes faites de torchis qui parsèment les collines verdoyantes des alentours.
Mais le mouvement de panique a également touché les zones rurales, affectées comme la ville par les violences. Les centres de santé, les pharmacies ont été pillés. Et déjà, les responsables sanitaires craignent une recrudescence des cas de peste.
L’hôpital de Bunia, un peu à l’écart de la ville, a pourtant été épargné par les déserteurs. De justesse. «Regardez, ils avaient commencé à fracturer une fenêtre pour voler des matelas», indique un médecin.
«Heureusement, ils n’ont pas eu le temps. Il ont dû fuir», ajoute-t-il. L’hôpital a certes été épargné, mais il manque cruellement de médicaments.
A côté de l’entrée du département pédiatrie, un bébé chétif de trois mois pleure. Un jeune homme en blouse blanche tient une perfusion. «Malnutrition et paludisme», explique-t-il.

BUNIA (Zaïre), 18 Février (AFP). — Autrefois ville marchande prospère, Bunia (nord-est du Zaïre) ressemble aujourd’hui à une de ces villes fantômes du Far West américain, poussiéreuse et balayée par les vents.Pillée par des déserteurs de l’armée zaïroise début décembre, la ville est encore sous le choc. Les rebelles de Laurent-Désiré Kabila ont «libéré» l’agglomération, proche de la frontière ougandaise, à Noël mais depuis, la vie n’a toujours pas repris son cours normal.«La ville est sérieusement sinistrée», constate avec amertume le commissaire sous-régional Auguste Kamara. «Le centre commercial a été complètement pillé, ils passaient de boutique en boutique», explique-t-il.La grande artère commerçante de Bunia est quasiment déserte. Peu de voitures, peu de motos, quelques passants sur...