«Il y a des chances pour que la vie existe toujours sur Mars mais il sera difficile de la déceler, en profondeur, sous la surface glacée de la planète», selon Michael Carr, géologue américain spécialiste de la planète rouge, qui participe à la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’avancement de la science.
La découverte récente de volcans et de glace sur Europa, une des 16 lunes de Jupiter, ainsi que la présence d’eau et d’activité volcanique sur Mars ont convaincu nombre de spécialistes que des micro-organismes peuvent y survivre.
Sur la Terre, vulcanologues et océanologues ont récemment découvert des colonies de microbes à plus de trois kilomètres sous la croûte terrestre.
«Ils vivent grace au dioxyde de carbone et se reproduisent à peu près tous les 100 ans», selon M. Carr.
«Si cela se produit sur Terre, cela peut sûrement exister dans des circonstances analogues sur Mars», estime-t-il.
Des scientifiques britanniques ont récemment annoncé avoir découvert des traces de vie organique, vieilles de 600.000 ans, sur une météorite en provenance de Mars. Des hydrocarbones complexes auraient été produits à partir de gaz méthane généré par des micro-organismes soumis à de hautes pressions et températures.
En août dernier, l’administrateur de l’agence spatiale américaine, Daniel Goldin, avait affirmé que «la NASA avait fait une découverte surprenante tendant à indiquer qu’une forme primitive de vie microscopique avait pu exister sur Mars» il y a 3,6 milliards d’années, en se basant sur une autre météorite.
«Il est très vraisemblable que nous trouverons une biosphère dans les profondeurs chaudes sur Mars comme nous l’avons trouvée sur Terre», selon Thomas Gold, professeur d’astronomie à l’université de Cornell.
Pour John Baross, océanologue à l’université de Washington, il est probable que des microbes découverts dans des zones sous-marines profondes et chaudes, près de fissures volcaniques, soient les ancêtres de la vie sur Terre.
Pour M. Carr, des images de volcans et de geysers de glace récemment repérées par la sonde spatiale Galileo sur Europa, une lune plus grande que celle de la Terre, semblent révéler d’anciennes éruptions d’eau qui ont provoqué d’énormes inondations.
Bien que la surface de cette lune soit gelée, l’eau pourrait toujours exister à l’état liquide, en profondeur, sous la surface.
Selon les responsables de la mission Galileo, Europa est l’un des sites privilégiés susceptibles d’avoir accueilli certaines formes de vie organique.
Sur Mars, l’hypothèse des canaux creusés par des petits hommes verts a fini dans les poubelles de l’histoire mais d’énormes vallées «fluviales», comme Valles Marineris, aperçues par les sondes Mars, Viking, Phobos et Mars Observer, existent côte à côte avec d’énormes volcans.

