Les jurés sont allés au-delà des réquisitions de l’avocat général qui avait demandé douze ans de réclusion à l’encontre de l’accusé, 36 ans, en dénonçant les méthodes sectaires utilisées par le mage.
«Elles ont eu ce qu’elles ont voulu, le maître les a honorées. On peut présenter les choses comme ça», a lancé l’avocat général, Serge Ravier, en ironisant sur les arguments de la défense.
«Mais je vais vous faire part de deux impressions, a-t-il poursuivi. «Lorsque je suis rentré dans la salle, j’ai vu l’une des victimes, dans une position foetale et si elle avait pu rentrer dans le mur elle l’aurait fait». «Puis, comme vous, j’ai vu rentrer l’accusé, un robot. Il parle haut et fort, il a les certitudes des tortionnaires», a-t-il ajouté.
«Il faut que la honte change de camp», a martelé le magistrat.
«Maître Habib, serviteur de Satan, ancien technicien de surface a confondu les femmes et les serpillières», a-t-il dit, expliquant que le mage usait de méthodes propres aux sectes et n’œuvrait qu’à sa satisfaction matérielle et sexuelle.
«Il y a eu des adeptes satisfaites», a-t-il admis, «mais il y en a eu de violées, souillées, humilées, détruites et c’est pour ces dernières que vous êtes là aujourd’hui», a lancé l’avocat général à la cour.
La défense, pour sa part, a réclamé l’acquittement de Daniel Habib, estimant que cette affaire était «une navrante et stupide mascarade».
«Il n’y a ni handicapée, ni débile parmi les victimes», a déclaré l’avocat de l’accusé, Me Marc Dufour. «Pour qu’il y ait un viol, il faut qu’il y ait une résistance dont l’auteur des faits aurait conscience», a-t-il exposé. Les victimes étaient «consentantes (...) le rideau de fumée d’une spiritualité de pacotille ne pouvait les abuser» et «il n’y a donc pas de viol», a-t-il dit.
Mais l’une d’elles, la plus jeune, a porté plainte et «elles ont pris conscience qu’elles avaient été dupées», selon Me Dufour. «Elles se trompent en toute bonne foi (...). Elles en ont peu à peu rajouté parce que, plus elles se voient en victime, plus elles restaurent leur propre image», a-t-il conclu, brandissant les déclarations contradictoires des victimes et s’écriant: «C’est là-dessus que se jouent douze ans».
Une thèse rejetée par les avocates des victimes qui ont expliqué combien leurs clientes s’étaient senties «trompées, humilées, souillées». «Vous les avez vues dans un état lamentable, a dit l’une d’elles. Les plaignantes étaient elles-mêmes venues à la barre décrire les sévices dont elles avaient été l’objet».
Au cours des débats, le mage a reconnu des relations sexuelles, lors de rites d’exorcisme, mais assuré que les patientes étaient consentantes.
Un débat partiellement tranché par les experts, psychiatres et psychologues, qui ont expliqué que Daniel Habib usait des techniques des sectes et de «l’hypnose naturelle». Des procédés qui auraient abusé les victimes et «débordé» le mage qui aurait cru à sa propre toute-puissance.


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