Mme Albright et son homologue italien Lamberto Dini ont souligné «les excellents rapports» et la «large entente» entre Rome et Washington.
«L’Italie demeure un partenaire remarquable et nous avons beaucoup apprécié son travail sur la Bosnie», a indiqué Mme Albright au cours d’une conférence de presse à l’issue d’un déjeuner de travail avec M. Dini. «Sur la très grande majorité des problèmes nous parlons le même langage», a confié M. Dini.
Le ministre italien de la Défense, Beniamino Andreatta, a vu en Mme Albright une «fille de Bohème» à la personnalité «vive et déterminée» qui «veut et travaillera pour la paix».
Fidèle à son image de femme «directe», elle n’a cependant pas caché devant son homologue italien leurs divergences sur la Libye.
«Accorder son soutien aux Etats qui soutiennent le terrorisme est pour nous un problème», a-t-elle affirmé. M. Dini a plaidé au contraire pour une «normalisation progressive» des relations avec Tripoli.
La Libye, sous le coup de sanctions internationales décidées par l’ONU depuis 1992, est un des principaux partenaires de l’Italie pour les échanges gaziers et pétroliers.
«L’Italie connaît et entend respecter pleinement toutes les résolutions de l’ONU», a expliqué M. Dini, qui a ajouté cependant qu’il souhaitait que les sanctions puissent être «graduellement levées». Pour atteindre cet objectif, a-t-il dit, «il faut un effort de la partie libyenne et un peu de compréhension de notre part».
Pour tenter de gommer cette divergence, l’Italie et les Etats-Unis ont décidé de renforcer leur dialogue, à un rythme régulier au niveau de hauts fonctionnaires.
La nouvelle OTAN
Mme Albright qui a également rencontré le président du Conseil italien Romano Prodi et le président de la République Oscar Luigi Scalfaro, a fait remarquer «l’entente complète» entre les Etats-Unis et l’Italie sur la question de l’élargissement de l’OTAN aux pays d’Europe orientale.
«Il s’agit d’étendre la zone des pays qui partagent les mêmes valeurs démocratiques et d’élargir la zone de stabilité et de sécurité en Europe», a expliqué Mme Albright.
«La nouvelle OTAN n’est pas dirigée contre la Russie», a-t-elle ajouté en dénonçant ceux qui, en Russie, «ont encore une mentalité de la guerre froide».
Les négociations pour l’élargissement de l’OTAN à la Pologne, la Hongrie et la République tchèque débuteront juste après le sommet de Madrid prévu en juillet, a-t-elle indiqué. Le ministre italien des Affaires étrangères a souligné que, dans le même temps, l’Alliance travaillera à la mise en place «d’une charte» avec la Russie sur un «mécanisme de consultation» entre l’OTAN et Moscou sur les questions européennes.
Mme Albright a réaffirmé que pour les Etats-Unis, la question du commandement Sud de l’OTAN basé à Naples ne se posait pas.
«Le commandement doit rester américain. Nous y sommes fondamentalement attachés», a-t-elle dit. M. Dini a indiqué que «dans la redistribution des commandements de l’OTAN, il n’était pas question de changer le commandement Sud». Selon M. Dini, Italiens et Américains sont également tombés d’accord pour écarter la proposition franco-allemande d’un sommet intérimaire à cinq (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) en avril sur l’élargissement de l’OTAN. Mme Albright a refusé de s’exprimer à ce sujet devant la presse.
«Il n’y avait pas d’endroit mieux adapté pour commencer ma tournée», a conclu Mme Albright qui a quitté Rome pour Bonn.


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