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Actualités - Chronologie

Les étudiants, moteur de la contestation

BELGRADE, 14 Février (AFP). — Des chauffeurs de taxi aux officiers en retraite, sans oublier le patriarche, les étudiants serbes ont attiré les soutiens les plus disparates, devenant le moteur du mouvement de protestation contre le président Milosevic.
Dernier témoignage de sympathie en date, celui de l’acteur vedette du film français «Le grand bleu», Jean-Marc Barre. Il leur a rendu visite sur leur campus, tenant à saluer ceux «qui ont remis la Yougoslavie sur la carte du monde».
«Le mouvement de la coalition Ensemble n’aurait pas connu le même succès sans les étudiants», estime un sociologue, Dragan Popadic.
Contrairement aux adversaires politiques de Milosevic, les étudiants ont une bonne image auprès de la population.
Soucieux de préserver ce capital, ils ont continué à défiler séparément des chefs de l’opposition dont les positions floues et les engagements passés posent question.
Une tentative de rapprochement des leaders de l’opposition s’est soldée par un échec lors de la fête du nouvel An orthodoxe le 13 janvier, ce qui a valu aux étudiants de se faire traiter d’«idiots» par Vuk Draskovic, le président du Mouvement serbe de renouveau.
«Héritage de l’idéologie communiste, le terme même d’opposition est encore péjoratif dans ce pays, alors que ceux de travailleur ou d’étudiant sont bien placés sur l’échelle des valeurs», explique le sociologue.
Cette nouvelle génération incarne aussi une certaine «innocence» vis-à-vis du conflit en ex-Yougoslavie.

Grâce à Internet

Les soutiens qu’ils ont reçus ne seraient d’ailleurs pas tous dénués d’arrière-pensées. «Certains en ont profité pour blanchir leurs biographies», estime un professeur de psychologie, Zarko Korac.
Pendant les huit jours qu’a duré le face-à-face entre les étudiants et un cordon de policiers dans le centre de Belgrade, les messages de soutien ont afflué dans une ambiance de fête.
Avocats, juges, musiciens, acteurs, chauffeurs de taxi, professeurs, policiers et militaires à la retraite sont venus encourager leur action. Le chef de l’Eglise orthodoxe, Mgr Pavle, 82 ans, leur a apporté sa bénédiction.
Jamais la police n’a osé matraquer une manifestation d’étudiants, qui font un peu figure d’«intouchables» alors qu’elle ne s’est pas privée de le faire contre les marches de l’opposition.
«Dans la société serbe, la famille est encore une valeur très importante et ce sont ses enfants qui étaient dans la rue», explique Dragan Popadic, auteur d’une étude sur le mouvement étudiant. Selon un sondage réalisé pour cette étude, 53% des parents d’étudiants ont approuvé l’action de leurs enfants contre 38% lors du précédent mouvement de protestation, en 1992.
Conscient du rôle particulier joué par les étudiants dans le conflit, le régime les a utilisés pour faire passer son message. Ils ont été les seuls représentants de la contestation à être reçus par le président Slobodan Milosevic.
Une organisation efficace, en particulier de leur service d’ordre, doublée d’une imagination débridée, a également contribué à populariser leur action.
«Nous avons tiré profit des erreurs du passé, en particulier par rapport au mouvement de 1992. Cette fois, nos revendications étaient plus concrètes et plus claires», estime une étudiante en archéologie de 24 ans. Outre la reconnaissance des victoires de l’opposition aux élections, les étudiants réclament la démission du recteur de l’université, membre du parti au pouvoir, et une plus grande autonomie des facultés.
Plus globalement, les étudiants perçoivent Slobodan Milosevic comme «un obstacle à la modernisation» de la Serbie, estime le professeur Korac, rappelant qu’à des méthodes autoritaires de style communiste, les étudiants ont résisté en se servant d’Internet.
BELGRADE, 14 Février (AFP). — Des chauffeurs de taxi aux officiers en retraite, sans oublier le patriarche, les étudiants serbes ont attiré les soutiens les plus disparates, devenant le moteur du mouvement de protestation contre le président Milosevic.Dernier témoignage de sympathie en date, celui de l’acteur vedette du film français «Le grand bleu», Jean-Marc Barre. Il leur a rendu visite sur leur campus, tenant à saluer ceux «qui ont remis la Yougoslavie sur la carte du monde».«Le mouvement de la coalition Ensemble n’aurait pas connu le même succès sans les étudiants», estime un sociologue, Dragan Popadic.Contrairement aux adversaires politiques de Milosevic, les étudiants ont une bonne image auprès de la population.Soucieux de préserver ce capital, ils ont continué à défiler séparément des chefs de...