Les autorités japonaises n’ont été prévenues qu’en janvier dernier, parce que Washington considère qu’il s’agit d’un simple «incident d’entraînement», a ajouté le porte-parole du département de la Défense, le colonel Richard Bridges.
Le Pentagone confirme ainsi les informations publiées par le quotidien «Washington Times», citant un porte-parole de l’armée américaine au Japon, le colonel Tom Boyd. Selon lui, 1.520 balles de ce type ont été tirées lors de trois exercices de tirs sur l’île inhabitée de Tori Shima, uniquement accessible par bateau ou par hélicoptère.
Ces munitions contenaient de l’uranium appauvri, un métal radioactif à la toxicité comparable à celle du plomb, mais une équipe de spécialistes américains dépêchée sur place début mars 1996 a conclu qu’elles ne présentaient aucun risque pour l’environnement.
Une erreur d’étiquetage
Les balles, capables de percer les blindages, ont été chargées dans les mitrailleuses des avions Harrier de la Marine en raison d’une erreur d’étiquetage, a indiqué le colonel Bridges. L’erreur a été découverte lorsque l’un des projectiles a été retiré d’une mitrailleuse qui s’était enrayée, selon lui.
Le colonel Boyd avait également affirmé dans un communiqué que le gouvernement japonais n’avait pas été informé plus tôt «car nous considérons qu’il s’agit d’un incident d’entraînement. Dans la mesure où il n’y avait aucune menace pour l’environnement et qu’il s’agissait d’une île inhabitée, cela n’avait aucun impact sur la population».
Aux termes d’un accord américano-japonais, aucune arme nucléaire ne peut être stockée sur l’île d’Okinawa en temps de paix. Selon des responsables militaires cités par le «Washington Times», les balles à uranium appauvri sont toutefois considérées comme des armes conventionnelles et non pas nucléaires.
En décembre dernier, un chasseur F-18 de la Marine américaine avait largué une bombe d’environ 500 kilos au large d’Okinawa, en raison d’un dysfonctionnement de l’appareil. L’engin avait été retrouvé dix jours plus tard, provoquant la colère des pêcheurs locaux.


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