M. d’Alema a été élu, avec l’appui de la droite dirigée par Silvio Berlusconi, président de la commission qui est composée de 35 députés et 35 sénateurs représentant proportionnellement tous les groupes parlementaires. Il était assuré des 37 voix du centre-gauche et en a obtenu 52, ce qui signifie que 15 parlementaires de droite ont voté pour lui.
L’actuelle Constitution, adoptée en 1947, n’a jamais permis à l’Italie de connaître des gouvernements stables. Depuis la fin de la guerre, 55 gouvernements se sont succédé en Italie.
L’objectif de la majorité de centre-gauche, dont le PDS est le principal parti, est de réformer l’Etat dans un sens fédéraliste et d’avoir des institutions assurant une stabilité gouvernementale.
L’alliance de centre-droit, regroupée au sein du Pôle des libertés et dirigée par le magnat de la communication Silvio Berlusconi, partage ces objectifs généraux mais est en désaccord, en son sein, sur les moyens institutionnels à adopter pour y parvenir.
Le mouvement sécessionniste de la Ligue du nord, qui souhaite séparer le nord de l’Italie, la «Padanie», du reste de la péninsule, a décidé de boycotter les travaux de la Commission bicamérale.
Cette commission, instituée par une loi, devra impérativement soumettre d’ici le 30 juin 1997 ses propositions que le Parlement devra alors examiner. Si les réformes proposées sont adoptées, les Italiens seront consultés par référendum au plus tôt en juillet 1998.
Entente cordiale
Pour le moment, il n’y a pas officiellement d’accord entre les partisans d’un système présidentiel «à la française» et ceux qui préconisent un système «à l’allemande», mais il y a des convergences entre une partie de la droite et une partie de la gauche, qui se sont exprimées mercredi avec l’élection du président de la commission.
«L’entente cordiale entre d’Alema et Berlusconi, qui a salué le lancement de la Commission bicamérale, semble être un coup de théâtre délibéré pour faire comprendre qu’une nouvelle époque politique s’ouvre», écrit le quotidien de gauche «La Repubblica».
Le projet de réforme de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, inspiré du «modèle français», est assez proche de celui du PDS. Il renforce sensiblement le rôle du président de la République, qui serait élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, et qui nommerait le président du Conseil et les ministres.
La Chambre des députés laisserait la place à une Assemblée nationale dont les 300 membres — au lieu de 630 actuellement — seraient élus pour quatre ans et le Sénat deviendrait une Chambre des régions composée de 100 membres, au lieu de 315.
Le futur mode de scrutin est également sujet à discussion. Les partis les plus forts — PDS à gauche et Forza Italia et Alliance nationale à droite — sont pour un scrutin majoritaire tandis que les petits partis — Refondation communiste, démocrates chrétiens de gauche et de droite — sont pour l’actuel système proportionnel.


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