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Actualités - Chronologie

Clinton donne la priorité absolue à l'éducation

Parce que, pour les Américains, elle est devenue le souci majeur, loin devant les soins médicaux, l’emploi et d’une manière générale l’économie, Bill Clinton a décidé de donner «la priorité absolue» à l’éducation. Il l’a fait mardi soir, dans le cadre de son message annuel sur l’état de l’Union, parlant d’une «croisade nationale» articulée autour de dix points (VOIR AUSSI PAGE 9).
C’est que du manque d’écoles maternelles au coût exorbitant des universités, du piètre niveau scolaire des écoliers et lycéens au délabrement de nombre d’établissements publics, les Américains ne cessent de se désoler d’un système entièrement décentralisé, sans exigence homogène au niveau national.
Selon un sondage, 95% d’entre eux estiment que l’éducation doit être une des priorités du gouvernement, 42% jugeant même qu’elle doit être la priorité absolue. Elle arrive loin en tête de leurs préoccupations, devant la criminalité, le système de santé, la retraite ou l’équilibre budgétaire.
Rappelant qu’il proposerait pour l’an prochain un budget de 51 milliards de dollars pour l’éducation et la formation professionnelle, une augmentation de 20%, le président a insisté sur la meilleure formation des maîtres, et plaidé pour l’«ouverture des universités à tous les Américains».
Il a également insisté sur «le droit des parents à choisir leur école publique», pour stimuler la compétition, et annoncé la mise en place d’ici deux ans de tests au niveau national en lecture et mathématiques, destinés à rehausser le niveau général des élèves.
Bill Clinton a également annoncé une aide fédérale de 5 milliards de dollars pour la construction d’écoles et rappelé son projet de déductions fiscales pour les parents d’étudiants, ainsi que sa volonté de voir toutes les écoles connectées à l’Internet d’ici l’an 2.000.

Niveau en baisse

«Tous les enfants de huit ans doivent savoir lire, tous ceux de 12 ans doivent être capables de se connecter à l’Internet, tous ceux de 18 ans doivent pouvoir entrer à l’Université, et tous les adultes doivent pouvoir continuer à apprendre durant toute leur vie», a-t-il martelé.
Les récentes statistiques sur le niveau scolaire offrent une toute autre image. Même si 86% des jeunes Américains finissent aujourd’hui leurs années de lycée (un pourcentage record), à huit ans, deux enfants sur cinq ne savent pas lire seuls.
En dernière année de lycée, un tiers seulement sont capables de lire parfaitement un texte difficile et 11% seulement ont de solides connaissances en histoire. Et ils font souvent pâle figure, notamment en mathématique, face aux élèves d’autres pays industrialisés. Ils passent aussi beaucoup moins de temps qu’eux à leurs devoirs: moins de cinq heures par semaine pour les trois-quarts des lycéens américains.
En dépit des sommes et de l’énergie investis, le niveau général des élèves n’a quasiment pas progressé depuis les années 1970, selon l’association Education Trust, auteur d’un récent rapport exhaustif sur l’éducation, Etat par Etat, qui affirme également que le quart des enseignants n’ont pas la formation nécessaire à leur enseignement.
Le système scolaire, loin de réduire les inégalités sociales, exacerbe en outre les problèmes de race et de pauvreté, les écoles défavorisées ayant le plus fort contingent d’enseignants mal formés, selon Education Trust.
Mécontents de leurs écoles, les Américains sont également de plus inquiets du coût de l’enseignement supérieur dont les prix ont flambé ces dernières années. Il en coûte en moyenne cette année 15.880 dollars, hébergement inclus, pour une année universitaire dans un établissement privé. Les prix dans le public s’établissent en moyenne à 7.020 dollars pour un résident de l’Etat à 11.799 dollars pour un non résident.
Parce que, pour les Américains, elle est devenue le souci majeur, loin devant les soins médicaux, l’emploi et d’une manière générale l’économie, Bill Clinton a décidé de donner «la priorité absolue» à l’éducation. Il l’a fait mardi soir, dans le cadre de son message annuel sur l’état de l’Union, parlant d’une «croisade nationale» articulée autour de dix points (VOIR AUSSI PAGE 9).C’est que du manque d’écoles maternelles au coût exorbitant des universités, du piètre niveau scolaire des écoliers et lycéens au délabrement de nombre d’établissements publics, les Américains ne cessent de se désoler d’un système entièrement décentralisé, sans exigence homogène au niveau national.Selon un sondage, 95% d’entre eux estiment que l’éducation doit être une des priorités du gouvernement,...