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Actualités - Chronologie

La Sardine à son musée

SETE (France), 4 Février (AFP). – La «sardine a la noblesse des âmes simples», dit Philippe Anginot, premier «sardinologue» de France.
Pour célébrer et promouvoir le «parent pauvre de la culture méditerranéenne», ce passionné d’ethnologie et de sardines a ouvert à Sète (sud), premier port sardinier de France, le «Musée imaginaire de la sardine».
«Pourquoi n’a-t-on pas l’air sérieux quand on parle de sardines,» s’interroge cet universitaire de 40 ans qui s’était d’abord intéressé, il y a 20 ans, aux illustrations des boîtes «parce qu’elles expriment toujours les mentalités de leur époque».
Il prépare, depuis, un doctorat d’ethnologie sur «l’influence de la sardine dans l’imaginaire méditerranéen» et donc, dit-il, de «sardinologie».
Pour redonner son lustre à ce «poisson de pauvre, triste, ce poisson de Carême», Philippe Anginot a décidé de lui consacrer un musée dans une ville «où les premières routes ont été construites grâce à la pêche des sardines, pour permettre aux femmes des pêcheurs d’aller vendre leurs cargaisons».
La mairie, enthousiasmée par le projet, a prêté les anciens bains de la ville. Dans une galerie vitrée, sont exposées près d’un millier de boîtes – «vides», précise-t-on – de sardines de nombreux pays rassemblées par le collectionneur, également fondateur de l’association Ichtus (poisson en grec ancien).

Le premier tag

Une vingtaine de panneaux, en forme de boîtes de sardines, informent sur des sujets aussi divers que l’économie de la sardine et son prix au fil du temps, les différentes manières de pêcher, au chalutier, à la Bounche ou à la Senne, ou les «bonnes recettes» de la sardine.

L’exposition se fait également historique avec le rappel du «premier tag» qu’était le symbole du poisson, symbole mystique pour les premiers chrétiens. «C’était aussi le symbole du changement, d’une révolution, devenu au Moyen-Age en Espagne et jusqu’à nos jours la fête de «l’enterrement de la sardine», sorte de fête des fous pendant laquelle les valeurs et les hiérarchies sont inversées», explique le fondateur du musée.

Un peu plus loin, un panneau rappelle l’histoire, bien connue dans le sud de la France, de ce brig corsaire «La Sardine», qui boucha, en coulant un jour de 1793, le port de Marseille.

Un autre panneau ne manque pas de louer les mérites de Pierre-Joseph Colin (1785-1848), un confiseur de Nantes, qui inventa la boîte en fer-blanc «cinquante ans avant l’invention de l’ouvre-boîte».

Pour allier la théorie à la pratique, le musée comprend également un restaurant où le chef propose des plateaux-dégustation de sardines en boîte dont les meilleures, dit M. Anginot, sont celles portant les mentions «confites ou préparées à l’ancienne».

Le «musée imaginaire» veut aussi être un lieu de rencontre et «provoquer les mémoires». L’association projette désormais de «collecter les contes, histoires, chansons autour de la sardine». Elle prépare également, mais dans un avenir plus lointain et «pour s’amuser», un «jumelage avec la moule belge».
SETE (France), 4 Février (AFP). – La «sardine a la noblesse des âmes simples», dit Philippe Anginot, premier «sardinologue» de France.Pour célébrer et promouvoir le «parent pauvre de la culture méditerranéenne», ce passionné d’ethnologie et de sardines a ouvert à Sète (sud), premier port sardinier de France, le «Musée imaginaire de la sardine».«Pourquoi n’a-t-on pas l’air sérieux quand on parle de sardines,» s’interroge cet universitaire de 40 ans qui s’était d’abord intéressé, il y a 20 ans, aux illustrations des boîtes «parce qu’elles expriment toujours les mentalités de leur époque».Il prépare, depuis, un doctorat d’ethnologie sur «l’influence de la sardine dans l’imaginaire méditerranéen» et donc, dit-il, de «sardinologie».Pour redonner son lustre à ce «poisson de pauvre,...