Il vient en droite ligne d’Irak où il est né à Kout en 1963. Il a signé les bandes sonores de plusieurs films, feuilletons de télévision, pièces de théâtre arabes on étrangères. Il est aussi de ceux qui ont dompté le oud à huit cordes, c’est dire l’étendue de son savoir technique. Il a donné de multiples concerts en France, Suède, Italie, Grèce, Allemagne. Sa première composition est intitulée «Al-Amira» (la princesse). Il fut récompensé du prix du meilleur interprète arabe au festival de Jarach en 1988 et sa prestation au Magreb pour la journée internationale des droits de l’homme en 1993 fut un véritable triomphe. C’est en tout cas une chance d’écouter Nassir Chammet faire parler le oud, avec un admirable sens d’une modestie toute au service de la musique.
Il y a là toute une série d’images sonores somptueuses, merveilleusement rythmées où défilent le passé et le présent des Arabes… Mais aussi les paysages d’une contrée habitée par le souffle du désert et les vagues infinies des dunes; un paysage grillé par un soleil incandescent; un paysage aride parcouru de chevaux lancés au galop avec des crinières folles; sans oublier la lente, la secrète migration de ces peuplades nomades bédouines...
Des brises du soir à une histoire d’amour levantine, en passant par une danse perse, souvenirs tenaces, les nuits de Bagdad, le départ de la lune, et un événement à Amrich, le oud de Nassir Chammet garde une éloquence singulièrement émouvante. L’éloquence profondément orientale d’un conte sans paroles où Schéhérazade, par une nuit de bonheur absolu, parlerait avec le oud à un Shahrayar réconcilié avec lui-même dans la pénombre, en ce temps de Ramadan, comme ce public médusé enchanté devant tant de maîtrise et de talent…
Edgar DAVIDIAN


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