«Nous sommes partis sur la voie d’une amélioration, quelles que soient les difficultés qui surgissent», a affirmé le premier ministre français sur France-Inter.
Alain Juppé, qui bénéficie d’un léger regain de popularité depuis décembre, intervenait dans le cadre d’une émission spéciale qui mêle questions des journalistes et interrogations des auditeurs. Une manière pour lui de poursuivre l’offensive de charme entamée avec la publication de son livre «Entre Nous».
Même s’il n’avait «jamais observé avoir un cadenas à l’intérieur de l’estomac», Alain Juppé a ainsi reconnu avoir donné cette «impression» depuis son arrivée à Matignon en 1995.
«Au-delà de ma situation personnelle, ce qui compte c’est l’état du pays et je crois qu’on peut dire en ce début d’année que les perspectives sont meilleures», a-t-il tenu à souligner dès le début de l’entretien.
«Ce que je compte faire, c’est faire ce que je crois. Si on veut convaincre, il faut soi-même avoir des convictions et les expliquer. J’ai essayé de le faire. Après le travail d’assainissement des finances publiques, douloureux mais utile, nous avons maintenant une grande perspective, qualifier la France pour la monnaie européenne», a-t-il dit.
«La croissance est revenue. Certains pensent qu’elle va s’accélérer en 1997, l’environnement international est meilleur», a-t-il dit en évoquant le niveau du dollar et la croissance des exportations.
«Tendance amorcée»
A une auditrice qui lui reprochait en termes vifs d’être «insensible» au chômage, Alain Juppé a répondu que «le problème du chômage est un peu la croix de tous les gouvernements et une obsession personnelle».
«J’ai tout intérêt à réussir», a-t-il souligné, en rappelant que son gouvernement essaie de «se battre sur tous les fronts» et que, résultats de décembre à l’appui, «ça commence à marcher». «La tendance est maintenant amorcée», a-t-il dit.
Il a notamment annoncé que lors du sommet pour l’emploi des jeunes, qui se tiendra le 10 février à Matignon, le gouvernement allait dégager un milliard de francs pour permettre aux préfets de favoriser les initiatives locales en faveur de l’emploi.
Le chef du gouvernement a par ailleurs déclaré que la décision sur la procédure de privatisation de Thomson, sujet épineux depuis l’échec du processus entamé avec le groupe Lagardère, serait prise «d’ici la fin du mois de février».
Sur le plan politique, le premier ministre et président du RPR s’est voulu le patron incontesté de la majorité à l’approche des élections législatives du printemps 1998.
Il a pris soin de souligner que le président Jacques Chirac partageait sa conviction qu’un remaniement gouvernemental n’est pas une urgence, répondant ainsi à Simone Veil, ancien ministre des Affaires sociales d’Edouard Balladur, qui avait souhaité dimanche que le gouvernement comporte «un éventail suffisamment grand des différentes tendances».
«Je ne vois pas, le président de la République non plus, la nécessité d’un remaniement ministériel», a déclaré Alain Juppé.
Il a noté qu’il y a «beaucoup» de balladuriens dans son gouvernement, citant Philippe Douste-Blazy, Dominique Perben et Michel Barnier, et a jugé le clivage de la campagne présidentielle entre partisans de Jacques Chirac et amis d’Edouard Balladur «un peu dépassé».
Evoquant l’ancien premier ministre et son ancien bras droit, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé a parlé de «personnalités éminentes qui pourraient apporter beaucoup».
Mais il a répété que son gouvernement est «à l’image de la majorité» et a ajouté que, dans l’opinion, le sort de ces responsables politiques n’était pas «un souci dominant».
«La question qui se pose, c’est de savoir s’il faudrait infléchir la politique menée parce que ça, ça aurait du sens», a-t-il poursuivi.


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