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Actualités - Chronologie

Harihara au grand palais

PARIS, 31 Janvier (Reuter). – Bouddhas et divinités de grès du panthéon hindou occuperont paisiblement le Grand Palais jusqu’en mai, témoins d’un art asiatique majeur par lequel le Cambodge entend reprendre sa place sur la scène culturelle mondiale.
«C’est une manifestation marquant le véritable retour du Cambodge sur la scène culturelle internationale (...), une exposition idéale qui ne se refera sans doute jamais et qui est en dehors de toute nostalgie coloniale», a déclaré son commissaire Jean-François Jarrige, directeur du musée des Arts asiatiques-Guimet.
«Il s’agit de montrer qu’aujourd’hui, le Cambodge s’occupe des affaires culturelles», a-t-il dit, ajoutant que le but d’«Angkor et dix siècles d’art khmer», manifestation ouverte au public à partir du 2 février, était aussi de «militer pour un tourisme de qualité».
Ceux qui s’attendent à voir une accumulation d’objets khmers des VIe au XVIe siècles seront déçus. Les 117 pièces – grande statuaire de grès et petits bronzes surtout – tiennent dans deux salles. Elles proviennent exclusivement du musée Guimet et du musée de Phnom Penh.
D’ampleur moindre quant à l’espace qu’elle occupe, l’exposition ne manque pourtant pas de chefs-d’œuvre, issus d’une des plus brillantes et des plus raffinées civilisations de l’humanité.
Un «Harihara» pré-angkorien de 1 mètre 94, délié dans un grès finement poli, domine le visiteur dans la première salle.
Un buste de Vishnou en bronze, vestige d’une sculpture monumentale, assure la transition entre les deux salles. Trois têtes de l’empereur Jayavarman VII, dernier grand souverain angkorien, invitent au silence dans la salle supérieure. Un orant de bois sous verre garde la sortie de l’exposition.


Intense activité
de faux

«Ce sont deux collections complémentaires», rappelle Jarrige. «Il fallait se limiter aux œuvres de ces deux musées sans y adjoindre des pièces apparues plus récemment sur le marché et susceptibles d’être objets de polémique», ajoute-t-il.
L’ICOM (Conseil international des musées) publie pour l’occasion une nouvelle édition de son rapport «Cent objets disparus – Pillage à Angkor».
Il rappelle que depuis la précédente édition (1993), six pièces volées au Dépôt de la conservation d’Angkor ont été localisées. «(...) les pièces sont écoulées sur le marché de l’art en Asie, en Europe et aux Etats-Unis», écrit-il.
Deux se trouvent au Metropolitan Museum of Arts de New York et à la Honolulu Academy of Arts. Le «Met» a accepté de restituer la pièce, de même que les propriétaires de deux autres sculptures. Des négociations sont en cours pour les trois autres, rappelle l’ICOM.
«Les Khmers rouges ne semblent pas avoir beaucoup touché aux monuments», observe de son côté Jarrige.
«Le musée était scellé. Les principales déprédations ou actes de pillage ou de vandalisme sont plutôt récents et liés à l’insécurité (...). Il ne faut pas exclure en outre une intense activité de faux, sans compter les objets dont on ne connaît pas la provenance».
L’ICOM signale en fin que le Cambodge s’est doté l’année dernière d’une nouvelle législation sur la protection du patrimoine culturel.

Raisons
politiques

Le projet de cette exposition est né voici trois ans environ d’une collaboration entre Guimet et la National Gallery de Washington qui l’hébergera de juin à septembre. C’est en 1994 que l’idée est soumise aux autorités cambodgiennes puis au roi Norodom Sihanouk à l’été 1995.
Certaines œuvres présentaient de réelles difficultés de transport et ne sont donc pas à Paris, rappelle Jarrige. Il ajoute qu’un atelier de restauration à été ouvert l’année dernière à Phnom Penh, résultat des déplacements d’experts français pour la préparation de l’exposition.
«Des pièces ayant un caractère sacré ont aussi posé problème, mais en définitive, je n’ai de regret que pour une seule que nous n’avons pas eue: la statue complète de Jayavarman VII», ajoute Jarrige.
Les deux autres institutions muséologiques partenaires de l’exposition – parrainée en outre par la Lyonnaise des Eaux et sa filiale GTM-Entrepose – sont le Musée métropolitain de Tokyo et le Musée municipal des Arts d’Osaka.
«Les Japonais, pour des raisons politiques évidentes, sont très largement engagés dans la protection du patrimoine cambodgien et le Cambodge souhaitait que l’exposition aille aussi au Japon», observe Jarrige.
En définitive, cette exposition commencée début févirer à Paris achèvera sa tournée en mars 1998. Elle aura également bénéficié de la fermeture du musée Guimet pour travaux. Sa réouverture est prévue en 1999.
«C’est parce que le musée est fermé qu’on a accepté de déplacer autant d’œuvres à la fois», a précisé Jarrige.
Guimet doit participer, à la fin de l’année prochaine, à une exposition qui doit rassembler au Grand Palais les trésors d’art classique chinois du Musée du Palais de Taïpeh.
PARIS, 31 Janvier (Reuter). – Bouddhas et divinités de grès du panthéon hindou occuperont paisiblement le Grand Palais jusqu’en mai, témoins d’un art asiatique majeur par lequel le Cambodge entend reprendre sa place sur la scène culturelle mondiale.«C’est une manifestation marquant le véritable retour du Cambodge sur la scène culturelle internationale (...), une exposition idéale qui ne se refera sans doute jamais et qui est en dehors de toute nostalgie coloniale», a déclaré son commissaire Jean-François Jarrige, directeur du musée des Arts asiatiques-Guimet.«Il s’agit de montrer qu’aujourd’hui, le Cambodge s’occupe des affaires culturelles», a-t-il dit, ajoutant que le but d’«Angkor et dix siècles d’art khmer», manifestation ouverte au public à partir du 2 février, était aussi de «militer pour...