Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le conflit zairois semble s'internationaliser

KINSHASA, 31 Janvier (AFP). — Le conflit dans l’est du Zaïre semble s’internationaliser après l’annonce par Bruxelles et Kinshasa de la présence de plusieurs milliers de soldats rwandais et ougandais aux côtés des rebelles qui se battent contre l’armée régulière zaïroise.
«Nous avons reçu au cours des dernières semaines des informations de plus en plus nombreuses relatives à la présence de troupes rwandaises au Zaïre», a indiqué le porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.
«Si ces informations devaient recevoir confirmation, il s’agirait d’une violation de l’intégrité territoriale du Zaïre et d’une situation totalement inacceptable», a-t-il ajouté, précisant que le nombre de militaires rwandais présents se chiffrait «par milliers».
«La Belgique réaffirme son soutien à l’intégrité du Zaïre», a insisté le porte-parole belge.
«Je pense que la Belgique est devenue sénile!» a lancé un responsable rwandais, en rejetant catégoriquement les accusations de Bruxelles.
«C’est à croire qu’ils ne savant plus où sont les frontières, ni faire la différence entre des Zaïrois et des Rwandais», a déclaré par téléphone Claude Dusaidi, conseiller du vice-président et ministre rwandais de la Défense Paul Kagamé.
Le porte-parole belge s’est refusé dans l’immédiat à commenter un communiqué diffusé par Kinshasa faisant état d’un début d’invasion du Zaïre par l’armée ougandaise.
«Nous attendons confirmation de ces informations», s’est-il borné à ajouter.
Selon un premier communiqué de guerre diffusé à Kinshasa par l’état-major général des forces armées zaïroises, plusieurs milliers de soldats ougandais sont en progression dans l’est du Zaïre alors que d’autres se positionnent aux frontières.

«Correspondance de guerre»

Le communiqué, présenté sous forme de «correspondance de guerre», indique notamment que «deux à trois mille hommes se trouvent sur l’axe Walikalé-Kisangani (province du Haut-Zaïre) et que le même nombre d’Ougandais sont cantonnés dans l’axe Mambasa-Bunia», à environ 300 kilomètres au nord.
Plusieurs camions avec des plaques d’immatriculation ougandaises et chargés de soldats sont entrés le week-end dernier dans l’est du Zaïre, à hauteur de Rutshuru, selon des témoignages recueillis à Goma, la capitale du Nord-Kivu, occupée par les rebelles de Laurent-Désiré Kabila.
Ces camions se dirigeaient vers le nord, où se trouvent les villes de Béni et Bunia, dans la zone septentrionale des territoires contrôlés par la rébellion.
Une brigade ougandaise, équipée de missiles sol-air SA-14 soviétique, est stationnée à Béni, selon Kinshasa. Par ailleurs, 2.000 hommes sont également signalés «à bord de véhicules équipés de mitrailleuses à la frontière ougando-zaïroise avec pour objectif d’atteindre Isiro par route».
«Un deuxième groupe de militaires ougandais s’apprête à traverser le lac Mobutu», précisé également le communiqué.
Ces différentes localités sont situées dans le Haut-Zaïre, a quelque 300 kilomètres au nord de Goma.
Kisangani, capitale du Haut-Zaïre sert actuellement de base arrière aux troupes zaïroises.
Dans le Sud-Kivu, le communiqué indique que deux mille militaires ougandais ont quitté Fizi (sud de Bukavu) pour se diriger vers Kalémie (port zaïrois sur le lac Tanganyka, au sud de Fizi). «Ces hommes, souligne le communiqué, voyagent à bord de véhicules sur lesquels sont montées des mitrailleuses de tous calibres».
Le communiqué indique que «les Forces armées zaïroises se battent contre plusieurs armées: Ouganda, Rwanda, Burundi et des mercenaires de l’Erythrée, de la Somalie et de l’Ethiopie».
«Comme on le voit, indique le texte, l’agression armée dont est victime le Zaïre découle d’un vaste complot international. Des pays africains et leurs alliés occidentaux y sont pleinement impliqués».
Ancienne puissance tutélaire du Zaïre, du Rwanda comme du Burundi, la Belgique, qui plaide pour une conférence internationale sur la région des Grands Lacs, a proposé en vain sa médiation depuis le début de la crise du Kivu (est du Zaïre) en septembre 1996.

Contacts avec Washington

Bruxelles avait lancé la semaine dernière un «appel à la modération» en vue de trouver «une solution pacifique à la crise», après l’annonce par Kinshasa d’une contre-offensive pour reprendre le contrôle des provinces du Nord et Sud-Kivu tenues par les rebelles.
Le ministère belge des Affaires étrangères a annoncé une visite du chef de la diplomatie belge Erik Derycke les 4 et 5 février aux Etats-Unis, où il s’entretiendra de la situation au Zaïre avec le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright.
M. Derycke abordera également au cours de ces entretiens la question globale de la région des Grands Lacs ainsi que la situation interne au Burundi, où d’importants massacres de civils ont lieu.
«Nous sommes très préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire au Burundi et le blocage politique sur place», a indiqué le porte-parole du ministre belge.
Face à l’internationalisation du conflit, Kinshasa ne tient pas compte des appels de l’ONU et de l’OUA en faveur d’une solution pacifique.
Le ministre zaïrois des Affaires étrangères, Kamanda wa Kamanda, a affirmé la détermination de son pays à reprendre les territoires conquis par les rebelles tutsis, en dépit de l’appel du nouvel envoyé spécial de l’ONU et de l’OUA, Mohamed Sahnoun, en faveur d’un règlement négocié.
Selon un diplomate occidental en poste aux Nations Unies, la communauté internationale est disposée à «regarder de l’autre côté» pendant la contre-offensive gouvernementale destinée à rétablir la souveraineté sur les territoires perdus il y a trois mois.
«Les perspectives de paix, je dois l’avouer, sont minces», a indiqué M. Sahnoun, qui, au plus fort de la guerre en Somalie en 1992, avait tout de même su faire apprécier ses talents de «faiseur de paix».
KINSHASA, 31 Janvier (AFP). — Le conflit dans l’est du Zaïre semble s’internationaliser après l’annonce par Bruxelles et Kinshasa de la présence de plusieurs milliers de soldats rwandais et ougandais aux côtés des rebelles qui se battent contre l’armée régulière zaïroise.«Nous avons reçu au cours des dernières semaines des informations de plus en plus nombreuses relatives à la présence de troupes rwandaises au Zaïre», a indiqué le porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.«Si ces informations devaient recevoir confirmation, il s’agirait d’une violation de l’intégrité territoriale du Zaïre et d’une situation totalement inacceptable», a-t-il ajouté, précisant que le nombre de militaires rwandais présents se chiffrait «par milliers».«La Belgique réaffirme son soutien à...